Les Mémoires Akashiques

La visite de votre bibliotèque Akashiques vous permet de meiux vous orientez dans votre chemin...

Boson de Higgs, la particule de Dieu

Cette particule élémentaire constitue l'une des clefs de voûte de la physique des particules.

Méditations Kabbalistiques

Méthode de méditation d'aprés Rav Aboulafia

L'imcomptatiblité de la Glande Pinéale et les Ordinateurs

Des études scientifiques révèlent que les cristaux de silicium polluent notre glande

Qu'est ce que le Saut Quantique

La partie spirituelle du cerveau serait la glande pineale est permettrait ce saut quantique par un changement brusque de l'état de manière pratiquement instantanée.

lundi 23 mai 2016

Les 138 portes de la Sagesse 7 - Rabbi Haim Luzzatto - Ramhal



Les 138 portes de la Sagesse 7 - Rabbi Haim Luzzatto - Ramhal


Porte 7- cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita

Nous avons expliqué le principe même des Séphirot c'est-à-dire la fonction des Séphirot en tant que forces avec lesquelles D-ieu a créé le monde donc que ce sont les mesures de la création et aussi que ce sont les principes, les mesures de la conduite et de la direction de la providence divine dans le monde. Le principe créant, contrôlant et dirigeant. C'est aussi une mesure du Eïn Sof (LE SANS FIN). C'est-à-dire que si le Eïn Sof ne se révèle pas, les Séphirot elles, se révèlent.
À propos des forces de la conduite et des forces de la création, qu'est-ce qui se révèle des Séphirot? Quelle est la nature même des Séphirot?
On les définie comme des émanations de la divinité. Est-ce la divinité elle-même lorsque nous parlons de la révélation de la divinité? Est-ce qu'elles sont des créatures comme les anges, comme des esprits, comme des Néchamot? Est-ce que ces forces sont des créatures spirituelles? Est-ce qu'elles sont séparées de D-ieu ou bien ne sont-elles pas séparées de lui?
Le Ramh'al est arrivé à la conclusion que le Or est divin dans les Séphirot mais que le Kéli ( le receptacle de la lumière) à savoir l'action ou révélation n'est pas divin. Qu'est-ce qui se révèle réellement? 
Le Ramh'al va aller plus loin que l'expression des Séphirot. Le blanc exprimant la bonté, le H'essed, le rouge la rigueur, la Guévoura, le feu, la Guévoura, l'eau, le H'essed, c'est l'expression du H'essed. Le H'essed engendrant l'eau. La Guévoura va créer le feu, la couleur rouge. Donc il y a un rapport entre les Séphirot et les créatures, la Séphira s'exprimant à travers la créature. Un livre, qui se dit ''Sépher'' d'après le Zohar, représente la Malkhout car le livre contient ''tout'' les éléments. Mais cela n'est que l'expression de la Séphira de Malkhout, la conséquence de la révélation mais en aucun cas la nature de la Séphira. Le taureau dans le char céleste n'est que l'expression de la Séphira mais en aucun cas, la Séphira est un taureau. On ne parle pas de la divinité de la Séphira mais du Kéli, de la révélation de la Séphira. Qu'est-ce que la révélation? Car en tant que Or de Hessed-Guévoura-Tiphéret....de Abba et Ima, c'est le même. C'est la Néchama des Séphirot, c'est divin et la divinité ne change jamais. La Néchama est partout la même dans tout le corps, une seule entité. Mais l'oeil a une fonction, le pied une autre fonction. La Néchama est en fait la vitalité qui se trouve dans tous les membres du corps. C'est le mouvement du membre, l'essence du membre. C'est quelque chose qui est commun à tous les membres. C'est cela le Eïn Sof. Le Ramh'al compare la Néchama au Eïn Sof même s'il va dire que la Néchama est différente car elle est créée. Alors que la lumière de la Séphira n'est pas une créature. La Néchama dans les 613 membres et parties du corps est comme le Eïn Sof dans toutes les dix parties, les dix Partsoufim, les dix Séphirot, le même partout:'' je suis D-ieu, je ne change pas''.
Les Séphirot peuvent se révéler soit par une grande illumination soit par une petite illumination. Ici, nous parlons donc des mesures des Séphirot. Puisque la volonté suprême qui est le Eïn Sof veut révéler ses forces par la voie de l'émanation c'est-à-dire le Or, elle va devoir mettre des mesures dans ces lumières plus ou moins grandes. Et c'est ce que le Zohar et le Ari Zal veulent nous expliquer: l'idée des Séphirot et des Partsoufim. La Séphira peut être considérée comme une faible lumière et le Partsouf est la même illumination mais qui se révèle à travers tous ses aspects. La Séphira étant une illumination et quand elle se révèle par les 613 Orot c'est-à-dire par ses 613 aspects, elle devient alors un Partsouf, un ''visage''. Par exemple quelle différence y a-t-il entre ''H'okhma'' et ''Abba'' ou bien ''Bina'' et ''Ima''? ''Bina'' est une Séphira qui illumine sous un état, sous une dimension par contre la même Séphira, lorsqu'elle illumine de toutes ses possibilités, une lumière devenant dix, elle révèle alors par exemple, Kéter qui est dans H'okhma ou H'okhma qui est dans Kéter. Cette même Bina devient alors dix Séphirot qui deviennent elles-mêmes cent qui deviennent elles-mêmes mille qui en vérité est la perfection. C'est un axiome et 613 seulement ont été choisies parmi les mille. Et c'est cela un Partsouf, c'est une perfection qui n'exprime que 613 aspects. Peut-être que si les mille s'exprimaient, il y aurait déjà l'éternité. Et du fait que ces Partsoufim sont manquant, le corps peut en être affecté.
Même dans le Partsouf lui-même, on peut distinguer un état qui est petit sans Moh'in où il n'a pas ''Ha-Ba-D'', un état où il a ''Ha-Ba-D'', un état où il a un super ''Ha-Ba-D'', où il a des Makifin au-dessus de lui, un état de grandeur. On voit que la Séphira en tant qu'illumination divine se révèle sous plusieurs formes.
Pourquoi y a t-il dix Séphirot? Nous pouvons déjà introduire de ce fait la notion de petit et de grand. Kéter est le plus proche puis plus bas H'okhma donc plus petit. La notion de petit et grand s'attache aux Séphirot car à partir du moment où la volonté divine veut révéler quelque chose de simple, une illumination simple sans agrégats, non-composée, Or Pachout, il faut passer par la gradation, du plus petit au plus grand afin de donner cette différenciation entre les Séphirot elles-mêmes, les Séphirot et les Partsoufim et entre les Partsoufim eux-mêmes. Donc la notion d'évolution et de gradation, de croissance et de décroissance fait la différence.
Pour l'instant, nous voulons expliquer que la notion de révélation est liée dans une première étape à une échelle de valeur.
Deuxième idée qui se dégage de la notion de révélation: la forme et l'interprétation. Il y a beaucoup de formes qui sont révélées dans les Séphirot tels que la barbe, les couleurs, les animaux, tous ces exemples sont reliés aux Séphirot et qui sont pourtant matérielles. On ne peut pas dire que ces formes soient la réalité dans les Séphirot car cela serait de l'ordre du déni car le verset nous prévient qu'il n'y a aucune image, aucune forme à la divinité. Alors qu'est-ce que cette image qui est rapportée? Quelle est cette symbolique? Est-ce juste un anthropomorphisme pour comprendre ou bien y a-t-il un réel rapport entre ce qui se révèle et la Séphira?
C'est cela le but de la prophétie, c'est la possibilité de comprendre la nature de la Séphira qui se définie par la révélation. Celui qui ne comprend pas la Torah de la prophétie ne peut comprendre les Séphirot.
Tout d'abord le Ramh'al commence à écarter ce que l'on ne doit pas comprendre. ‘‘Les Séphirot ne peuvent être ainsi''. Même si nous avons déjà dit qu'ils sont les principes de la pensée suprême qui se révèlent au prophète c'est-à-dire les mesures de la pensée, mais où est cette pensée? Comment s'exprime-t-elle? De la même manière que l'on peut prêter une forme aux pensées dans l'âme humaine bien qu'elles soient elles aussi de l'ordre du créé, ainsi les Séphirot qui sont les forces de la pensée suprême se révèlent sous forme de gradation. Et donc chaque Séphira est un principe de la pensée. Prenons comme exemple la construction d'une maison: il faut un plan initial. Ainsi en est-il de la création. Et ce plan s'appelle les dix Séphirot et tout le reste n'est que des définitions et des sous-définitions, des expressions et des sous-expressions de ces dix Séphirot. C'est de la volonté de D-ieu que la création s'élabore ainsi. Il est vrai que dans la pensée humaine, on va parler de suite de prophétie car lorsqu'un homme rêve, les formes qui se révèlent à lui sont-elles réelles? Qui a créé dans son intellect, la compréhension des formes? C'est l'imagination, la faculté imaginative. Chez D-ieu, cette faculté n'existe pas afin de faire des différenciations dans les formes. Quant à nous, l'intellect et la faculté imaginative nous permettent de percevoir afin de comprendre. La compréhension ne peut venir qu'après une perception. Dans la réalité de la vie, cela passe par les sens mais dans les rêves, cela passe par l'imaginaire qui va créer la forme pour permettre de comprendre la Séphira. Les Séphirot sont les forces de D-ieu qui n'ont aucune forme et en aucun cas, on ne peut leur prêter une forme car D-ieu se distingue de tout événement, de tout accident qui se rapporte à la nature de tout élément. Et pourtant dans la Kabbalah, on parle de ''Katnout'' ''étroitesse'' et de ''Gadlout'' de ''grandeur'', d'élévation et de descente, de formes et de principes qui sont dans une forme matérielle. Que représentent tous ces éléments? Tout ce que nous définissons maintenant et que rapportent les Mékoubalim, on ne peut dire que cela est ainsi dans les Séphirot. Et si nous disons que tout ceci n’est que de l'ordre de la symbolique, alors cela ne se référerait qu'à un principe dans la direction divine. Mais même cela, il est impossible de le dire. Le Ari nous a donné des Partsoufim, des visages comme une réalité à part. La Chékhina a son cerveau. Abba a son cerveau (Moh'in) qui est différent du cerveau de Ima. Il a ses réparations, il a ses pieds, ses mains, ses actions, ses mouvements. On dirait que nous avons à faire à une autonomie d'un Partsouf à l'autre. C'est plus qu'une émanation, le Ari Zal est allé très loin. Les autres Mékoubalim se sont éloignés de tout cet anthropomorphisme. Avec toutes ces images que le Ari a révélées, un homme peut arriver à l'idolâtrie. En vérité toutes ses images ne sont que des expressions de sa nature mais de la Séphira elle-même, nous ne connaissons rien. Il n'y a rien de tout cela dans les Séphirot. Ce n'est qu'une correspondance afin de retenir une idée. Les Séphirot seraient donc des paraboles et la conduite générée par elles, l'histoire, la créature seraient l'idée que l'on peut percevoir de cette parabole que sont les Séphirot. Mais même cette comparaison est fausse. Les Séphirot ne sont pas que des paraboles uniquement car sinon toutes les explications du Ari Zal ne seraient que néant sans contenu car cela voudrait dire qu'il a comparé l'infini avec quelque chose de fini et cela est impossible. Il y a une réalité dans les Séphirot de toutes ces créations que sont les couleurs ou les animaux. Ici, il faut faire l'analyse de la vérité car les Séphirot sont les clés de la Kabbala. Mais si ce n'est que de la symbolique, le Ramh'al peut se percevoir effectivement comme une philosophie de l'histoire. Lorsque nous disons que le livre c'est la Malkhout, est-ce que le livre a un rapport avec Malkhout? Ou bien le lion est le Partsouf de Abba, est-ce que le lion a un rapport avec Abba? Est-ce la nature de la Séphira ou bien n'est-ce seulement qu'une parabole? Est-ce une force qui engendre dans ce monde une créature qui s'appelle le lion car nous ne pouvons dire que c'est uniquement une parabole?
Les Séphirot sont les principes de la pensée divine qui ont une action dans ce monde, elles agissent et s'expriment à travers une action dynamique en tant qu'instrument, Kéli. Elles ont toutes un but ultime qui est l'unité divine, de tout ramener à la perfection. Dans ces principes, ces forces, ces Séphirot, il y a tout
L’A-D-N du temps. Prenons l'exemple de la Séphira du H'essed, de la bonté, dans son potentiel, toutes ses voies vont s'exprimer dans les actions, dans l'histoire, dans tous les mondes, de Atsilout jusqu'à la fin de Assya. Des fois, le H'essed va dominer, parfois il ne va pas dominer, dominer peu ou beaucoup, s'habiller dans la Guévoura, dans la rigueur. Le Ramh'al donne ici une allusion au fait qu'il y a des relations entre chaque Séphira et Séphira. Elle peut intégrer une Séphira, dominer au sein d'une autre Séphira, ou bien s'insérer sans dominer et alors la Guévoura va dominer. Il y a ainsi une combinaison infinie de possibilités du Hessed mais toutes sont enfermées dans le principe même du H'essed et selon toutes les voies d'expression qui sont préparées d'agir sous une forme révélée ou cachée. Et ainsi en est-il pour la Guévoura et toutes les autres Séphirot. Parfois, il faut agir pour donner une récompense, parfois une punition où pour donner l'existence au monde et parfois c'est une action au niveau de l'éternité.
Le salaire et la punition sont au niveau de Z-A, les six Séphirot inférieures. L'existence du monde c'est Arikh Anpin, H'okhma-Bina-Daat, le salaire éternel c'est A-K, Adam Kadmon. En fait le Ramh'al parle des grandes dimensions dans les Partsoufim. Il y a donc ''A-K'', ''Arikh'' et ''Z-A'', l'éternité, l'existence et la rétribution. Ce sont les trois grands Partsoufim. A-K c'est pour donner l'éternité. Arikh c'est pour donner le bien même quand il ne le mérite pas, donc c'est la longévité dans l'existence et Z-a pour donner la rétribution aux actions de ce monde.
La pensée suprême a déjà évalué tout ce qui va se passer dans toutes les créatures jusqu'à la fin du cycle. Et donc toutes les Séphirot ne sont qu'une synthèse, une association de ces trois forces ou de ces trois dimensions que l'on appelle ''H'essed-Din-Rah'amim''. H'essed sous-entend ''H'okhma-Hessed-Netsah''', Din sous-entend ''Bina-Guévoura-Hod'' et Rah'amim sous-entend '' Daat-Tiphéret-Yessod''. Toutes les Séphirot sont la Merkava, le char céleste, la conduite divine dans le monde. La pensée divine est la Merkava qui est la matérialisation de l'union de ces trois principes, trois qui deviennent neuf. Comment chacune de ces neuf principes se relie avec les autres. Toute la pensée réunie tous les événements qui ne sont qu'une association de trois possibilités, des trois dimensions de ''H'eder'' ''H'essed-Din-Rah'amim''.
Les maîtres de la prophétie sont appelés ''Yordé Merkava'',''ceux qui descendent dans le char céleste'', ceux qui descendent dans la pensée divine. Ils voient la dynamique des principes au moment présent et donc ils voient les conséquences de leurs associations. En fait cela est ''anticiper l'histoire'' car la Merkava est le plan divin de ce qui va se passer dans les créatures. Le plan étant l'association de tous ces principes, comment se relient les forces de la pensée divine. Il y a tout un mode de lois et c'est ce que le Ari Zal explique: le mode de relation entre les principes entre eux. Et c'est cet enchevêtrement qui va engendrer les créatures et l'histoire.
Voici un exemple concret: Israël se trouve en exil en Égypte et lorsqu'il est sorti d'Égypte, le Zohar dit que cela a été la naissance de Z-A qui est sorti de Ima. Donc Ima c'est l'Égypte. Et donc Z-A lorsqu'il est dans Ima est en Katnout, dans l'étroitesse comme un fœtus dans le ventre de sa mère. Le prophète voit que Z-A va sortir du ventre de Ima, (ce n'est qu'un symbole) comment cette prophétie va s'interpréter? Par la sortie du peuple d'Israël de l'Égypte en sachant que l'Égypte correspond au partsouf de Ima et Israël au Partsouf de Z-A.
Le prophète Yermiya voit un feu qui brûle sous une marmite et sort une fumée de la marmite. Alors le prophète interprète cette vision ainsi: ''du nord sortira le malheur'' la guerre. C'est-à-dire qu'il faut comprendre la correspondance. Il y a l'image et son explication. Les Séphirot ne s'expriment à ce moment précis que pour cette histoire. Ce que nous percevons de la volonté divine n'est que ce que D-ieu va vouloir révéler au moment précis. Les Séphirot elles-mêmes enferment le programme. Et de la manière dont elles sont attachées l'une avec l'autre, va créer l'événement. L'association des dix Séphirot offre d’innombrables possibilités de combinaisons. Tous les événements de toutes les créatures sont la somme de toutes les associations des Séphirot qui vont se révéler et c'est cela la pensée suprême. Le Ramh'al nous révèle que les Séphirot sont tous les événements de toutes les créatures.
Cet enchevêtrement, cette synthèse des Séphirot, cette relation entre les Séphirot est la toile que voient les prophètes. Cependant on ne peut les percevoir telle qu'elles sont en tant qu'éléments séparés. Mais la volonté divine veut quand même qu'elles soient perçues. Mais puisque en tant que telles, elles ne peuvent être perçues, elles doivent se révéler d'une manière prophétique, par le chemin des Orot qui s'appelle l'imaginaire prophétique. Ce sont des illuminations ou des étincelles, des projections qui sont saisies par l'imaginaire prophétique. Le prophète voit tout ce que le Ari Zal a décrit. Il voit les cheveux, il voit les yeux...mais ce n'est pas la vision matérielle de la Séphira, c'est la vision prophétique qui ne passe pas par les sens. Il faut donc comprendre ce qu'est cette barbe les cheveux, les oreilles...monter descendre. Ce ne sont que des notions matérielles, comment dans la vision prophétique cela peut-il se révéler? Il y a dans l'imaginaire prophétique toutes ces notions. Dans leur essence divine, ce n'est pas ainsi mais dans la vision prophétique, cela est ainsi comme il est dit ''à travers la main du prophète, je veux me révéler''. À travers une plate-forme, comme une sorte d'écran, D-ieu nous révèle les choses qu'il veut nous révéler. Quelle différence y a-t-il avec la symbolique? La différence est que c'est une réalité. La révélation du prophète est la connaissance de D-ieu. Personne n'a de connaissance de sa nature. Mais il y a sa volonté, l'histoire est la matérialisation de sa volonté et c'est cela qu'il révèle au prophète. En vérité, chacun est capable de révéler la Torah car elle est en lui. Mais puisque le mal nous a complètement envahis par les envies, nous ne sommes plus capables de révéler la Torah et donc il nous faut la Torah de Moshé Rabbénou.
Le Ramh'al explique pourquoi la Torah n'a pas été donnée avant. Car ils n'avaient pas besoin de la Torah. Par la faute de la génération de Noah', il a été donné sept Mitsvot afin de réparer la faute. Ces sept Mitsvot étant toute la Torah. Mais maintenant, il y a besoin des 613 Mitsvot pour réparer le monde. De même que maintenant, nous n'avons plus besoin de faire les sacrifices. Car ce qui n'est pas révélé, n'est pas utile pour la réparation. Une femme n'a pas besoin des Téphilin pour faire son Tikoun, un Israël n'a pas besoin des Mitsvot des Cohanim pour faire son Tikoun.
D-ieu dissimule l'idée de sa pensée mystérieuse dans ces métaphores. Mais en vérité, le prophète voit vraiment cette forme dans son esprit. C'est une image qui est une réalité pour lui. Ce n'est pas une vision matérielle issue de ses sens. Le prophète voit des sujets spirituels qui s'habillent l'un dans l'autre, intégrés l'un dans l'autre, montée descente, comme tous les exemples du Ari Zal. C'est une autre vision que la vision des sens, c'est la réalité du prophète.
Les explications du Ari Zal et de la Kabbala ne sont pas de la symbolique car toutes ces formes existent dans la prophétie. Il voit et il comprend ce qu'il a vu. Il comprend que la vision veut lui révéler un lion mais il n'a pas vu de lion. La vision prophétique est plus une compréhension qu'une vision, c'est une amorce qui déclenche une compréhension.
Le Ramh'al compare les éléments de la Merkava aux Séphirot et aux Partsoufim. Dès que la volonté divine rentre dans la Merkava, dans ce plan, alors elle peut être révélée. Mais dans l'essence de ces visions, il n'y a aucune forme, les Séphirot n'enferment aucune forme, aucune image. Mais elles se révèlent dans un plan qui est une image. Ce n'est pas uniquement une métaphore mais la vision est réellement ainsi dans la perception prophétique car cela est ainsi qu'il voit dans la Merkava.
Tout le sujet des Séphirot, s'il n'est pas compris convenablement, ne peut être appréhendé correctement et cela est plus proche alors de l'idolâtrie que de la véritable connaissance. Il faut comprendre la correspondance de l'image, de la métaphore. C'est cela toute la notion de la prophétie. Mais en tant que telles, les Séphirot ne sont qu'une association, un jumelage des forces entre elles, un mode de relation. Il n'y a que trois niveaux des Séphirot ''H'éder'' 1/ H'essed 2/ Din 3/ Rah'amim. Et tout le reste ne sont que des détails de ces trois expressions et surtout de leurs relations: H'okhma avec H'essed, Din avec Bina. Mais le tout ne correspond qu'aux trois axes que sont ''H'essed-Din-Rah'amim''. Les trois axes: droite ''H'okhma-H'essed-Netsah'' gauche ''Bina-Guévoura-Hod'' et centrale ''Daat-Tiphéret-Yessod''.
Le mode de relations et d'enchevêtrements entre les Séphirot a été codifié. On a donné des noms à ces relations et à ces enchevêtrements: le lion, le taureau, le bœuf, l'aigle.... Abba c'est le lion, Ima, Z-A, Noukva ce sont les points essentiels du char céleste et le reste sont leurs relations entre elles. Il ne s'agit en vérité que d'émanations divines qui s'unissent entre elles. Ce sont des sujets qui sont complètement spirituels, abstraits, éloignés de toute idée matérielle. Cependant ces émanations se rapprochent se rapportent et engendrent les choses matérielles.
Mais en aucun cas, la barbe, les cheveux, les yeux définissent ces énergies car cela serait de l'idolâtrie pure. Tout ce que l'on parle est au niveau des visions prophétiques. À partir du moment où les Séphirot sont données à être perçues donc il y a possibilité à la perception prophétique par leurs révélations sous plusieurs formes. Ce n'est pas l'image qui engendre la vision prophétique mais c'est parce qu'il y a la possibilité aux Séphirot d'être perçues que la prophétie donne accès aux différentes images. Ces Séphirot peuvent se révéler de plusieurs manières. Et ce que le Ari Zal et le Zohar parlent au sujet des mondes Atsilout-Bryia-Yétsira-Assya et des Partsoufim et tous leurs détails, sont tous des images prophétiques. Cela correspond effectivement à quelque chose de concret dans ce monde mais dans l'autre monde, elles ne correspondent pas à quelque chose de concret car ce n'est qu'une vision prophétique qui n'est que l'image de ce qu'il y a dans ce monde mais dans l'autre monde, c'est autre chose. En elles-mêmes, les Séphirot n'ont aucune forme ni aucune image. Et c'est clair que cette perception prophétique n'est que le moyen donné à celles-ci de se réveiller. Mais ces visions ne sont pas seulement des métaphores, des modes de direction qui sont appelés Abba, Ima...car sinon, on ne comprendrait pas pourquoi le Ari Zal donne tant de métaphores pour dire très peu. Mais ces images correspondent aussi à une réalité et si nous disons qu'il n'y a absolument rien à voir avec la réalité suprême, alors toutes ces images ne sont d'aucune façon reliée à celle-ci. Il faut donc dire que c'est une métaphore qui correspond à une conduite réellement mais c'est aussi une réalité mais pas au niveau matériel. Car la manière dont les Partsoufim sont décrits est réellement la vision que les prophètes perçoivent dans la Merkava. Et ceux qui contemplent ces visions, voient que l'image qu'ils retiennent, n'est que fortuite, accidentelle. Elle est relative au prophète et ne se relie en aucun cas à la réalité suprême. Ce n'est que celui qui perçoit pas sa puissance imaginative, qui provoque une réalité subjective propre à lui comme dans le rêve où le rêveur voit une table ou tout autre objet qui ne sont en aucun cas réels mais qui pour lui, cela provient de son imaginaire et que personne d'autre ne peut percevoir. Ce n'est qu'une décharge énergétique qui a révélé en lui quelque chose issue de sa conscience. La table s'est réellement révélée au rêveur mais concrètement, elle n'existe pas. Cette image vient de son plus profond intérieur, des Séphirot et qui par elle, le message peut être perçu. C'est cela l'image prophétique. C'est une image accidentelle qui provient des Séphirot mais qui ne correspond pas à l'essence de celles-ci. Dans le monde de la matière, l'image fait UN avec l'objet lui-même. Exemple: un lingot d'or est relié à une forme rectangulaire de couleur jaune. L'esprit par la puissance imaginative va former les contours même de l'objet qui entre au contact de sa perception qui ne sont pas l'objet lui-même mais qui proviennent de lui, (la couleur bleue ne va jamais apparaître dans l'esprit lorsque celui-ci va évoquer un lingot d'or). Dans la Séphira, l'image qu'elle va déclencher dans l'esprit n'est pas attachée à elle. Elle n'est pas inhérente à elle. Alors que dans le monde matériel, l'image est inhérente à l'objet. Celui qui ne comprend pas que dans les Séphirot, la forme, l'image n'est pas inhérente à elle, est dans l'idolâtrie pure. La forme n'est liée que par accident à la Séphira selon le visionnaire. Lorsqu'une image apparaît de manière prophétique, elle n'est pas induite par la Séphira elle-même mais c'est la perception qui va se révéler dans l'esprit prophétique.
Lorsque le prophète perçoit la vision, il comprend de suite le message. Celui-ci venant en même temps que l'image et il sait aussi que cette image n'est que fortuite et relative uniquement à lui.
Lorsque D-ieu est apparu aux hébreux à la mer en tant que guerrier, cela est l'image de la révélation mais ce n'est pas la Séphira elle-même, ce n'est que la représentation de la conduite de Z-A qui se révèle à eux. De même lorsque D-ieu se révèle aux hébreux au mont Sinaï en tant que vieillard, cela correspond à la conduite de Arikh' la conduite de la clémence. Mais D-ieu n'a aucune image! Tous ces changements, toutes ces interférences d'images ne pourraient se révéler si cela était inhérent à la Séphira, l'image ne pourrait changer. Par contre, du fait que l'image n'est qu'accidentelle, alors ces interférences sont compréhensibles. Car l'image est liée à la volonté et non à l'essence. L'image se matérialise à travers le prophète qui lui est une inter-face, cette vitre claire qui permet de former l'image venant de la Séphira que le prophète perçoit. Cette vitre que seul Moshé avait purifiée est la Malkhout que chaque âme a en elle. Même le mécréant a cette inter-face qui donne sur le ''méta-temps''. L'image est dans la perception et non dans la Séphira. Et dans sa perception, l'image se réalise. C'est cela la Malkhout. Dans chaque prophète, il y a la Malkhout qui est un état dans la Néchama. À travers la Malkhout, le prophète voit. La Malkhout étant l'écran qui permet à l'image de se former. Dans chaque Séphira, il y a une Malkhout qui est son écran. Il y a quelque chose derrière cet écran que l'on attribue en fait à l'écran lui-même. Notre œil a aussi une Malkhout et c'est la même vitre pour tous les humains, tout le monde voit la même table car en vérité cette vitre est matérielle donc la vision est la même pour tous. De même la Néchama a un œil qui engendre la vision prophétique, c'est la Malkhout que le prophète a purifiée. C'est grâce à la pupille de l'œil que je peux percevoir et saisir l'objet mais en vérité je ne sais pas ce qu'est cet objet. À la résurrection des morts, ce même verre sera perçu autrement car notre œil percevra autrement. Notre perception de maintenant ne correspond pas à la réalité. La réalité est complètement différente et donc note perception de la vie n'est pas loin d'être illusoire. Mais c'est une illusion qui est inéluctable par laquelle nous devons travailler car toute notre vie n'est axée que dans cette illusion et donc elle en devient notre réalité. Seul celui qui n'est plus dans ce niveau de perception peut dire qu'elle est illusoire. Seul celui qui a l'expérience prophétique ressent ce monde comme illusoire.
Par l'œil prophétique, le prophète voit les Séphirot, les principes des choses. Il y a une barbe dans la vision c'est-à-dire le principe de la barbe. L'œil voit la barbe et la Néchama voit le principe. Car les Séphirot en tant que telles ne sont qu'une expansion d'énergies, de forces, ce sont des révélations d'une force. Il y a tellement de formes, tellement d'événements qui viennent de différents modes. Chaque mode correspond à un événement, à un objet, à une nature. Toute la pluralité du monde correspond à une myriade d'enchevêtrement des forces en présence. Ces forces limitées expriment des lois. Le Ari Zal a dévoilé tous les ordres de ces forces. Elles ne sont qu'une relation et un enchaînement.
Les Séphirot se présentent de deux manières, soit par enchaînement, (comment l'un sort de l'autre) soit par voilement (comment l'une s'habille avec l'autre). Abba et Ima s'unissent et sortent Z-A. Les sept Séphirot de Atik deviennent la tête de Arikh, ce sont des enchaînements. Arikh, ses bras s'habillent, le bras droit par Abba et le bras gauche par Ima. Et celui qui perçoit l'enchaînement ou l'habit de ces principes comprend de suite et les applique dans le monde de la matière.
Dans notre monde, l'enchaînement peut se percevoir par la famille avec le grand-père, Arikh', le père, Aba, la mère, Ima et il y a Z-A et Noukva, le mari et la femme. La famille étant un mode social. Les sociétés sont aussi composées de cette manière. Il y a des correspondances à des principes qui sont en haut qui sont entrelacés de la même manière. Mais le mode que l'on appelle ''famille'' est en haut un accident qui donc est susceptible d'être inversé. Tous ces modes qu'ils soient métaphysiques, physiques où même sociaux, ne sont que des accidents qui sont relatifs et qui sont sujet aux changements. Mêmes les objets de culte sont des formes qui correspondent à des enchevêtrements et des habits de toutes les Séphirot. Parfois Aba domine Ima ou parfois Aba domine Z-A. Chaque Séphira dépendant l'une de l'autre. Il y a une séphira sous forme d'habit et il y a une Séphira qui est habillée par elle.
Tout cela procède d'une seule volonté: la perfection. La mesure du Tsimtsoum. Il y a un but final à tout cela. Chaque créature, chaque événement est une possibilité soit d'enchaînement soit d'habit qui est la conduite dans l'histoire. Le Ari Zal a donné le principe de l'enchaînement, c'est l'arbre de vie.
Vous trouvez cet article intéressant, LIKER SVP !!! Facebook ou Google+ ou les 2.
Vous pouvez partager ce texte à condition d'en respecter l'intégralité et de citer la source: http://la-source-des-sagesses.blogspot.fr/

vendredi 6 mai 2016

LES 138 PORTES DE LA SAGESSE 6- RABBI MOCHÉ HAÏM LUZZATTO - RAMHAL


Porte 6 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita



Cette porte va définir la fonction de la Séphira qui est ''création'' et ''conduite'' mais pas sa nature car elle est divine.
Une Séphira est une force, une mesure avec laquelle, D-ieu crée les mondes et les dirige. Donc la Séphira est une sorte d'outil de la création et un instrument dans la conduite de l'histoire, la direction.
Le désir divin est de faire connaître ces Séphirot de telle sorte que chaque mesure se révèle à travers une illumination et lorsque le prophète la perçoit, il la comprend de suite. Il y a donc une relation entre voir et comprendre. Il ne s'agit donc pas de voir des formes que la Séphira émet mais de comprendre ces illuminations. Le Lion du char céleste n'a jamais été un Lion mais une direction que l'on peut comprendre comme les qualités d'un Lion. Comme un rêve, le fait de percevoir des images, n'est pas une véritable vision mais une compréhension de quelque chose. Il y a quelque chose qui scintille dans notre esprit et qui provoque une compréhension comme chez le prophète car le rêve est un des aspects de la prophétie. Il faut comprendre que lorsque l'on dit qu'il y a tel aspect dans la Séphira, il ne s'agit pas que cette chose existe réellement dans la Séphira elle-même mais elle émet un flux qui engendre une compréhension dans notre esprit. Et lorsque le prophète voit un mouvement dans cette illumination, il comprend de suite ce qu'il va se passer dans la conduite.
Le Ramh'al veut nous dire que la connaissance des Séphirot, c'est la prophétie. Lorsque nous disons par exemple '' ceux qui descendent dans le char céleste'', cela veut dire qu'ils descendent dans le plan divin de l'histoire car d'après le Ramh'al, le char céleste est l'association des Séphirot, lorsque les Séphirot s'enchevêtrent entre elles. Elles se relient selon tel mode ou tel mode et provoquent une compréhension chez celui qui descend dans ce plan.
Il y a deux parties dans cette porte: d'une part la connaissance des Séphirot à travers leurs fonctions, c'est-à-dire création et conduite. L'autre aspect étant sa compréhension. Mais il y a aussi dans les Séphirot le concept de l'éternité mais que nous ne pouvons atteindre pour le moment. Par contre cette fonction de la création a été révélée par tous les sages, les Séphirot en tant qu'instrument. Mais les Séphirot en tant que direction n'a pratiquement été révélée que par le Ramh'al.
Le rapport avec le char céleste est clair car ce char est la révélation prophétique qui est elle-même la révélation de la direction divine dans la création.
Chaque Séphira est une mesure comme une partie de la volonté divine liée à un but. Le Eïn Sof n'a pas de mesure et donc ne peut être conçue car l'homme ne peut comprendre que ce qui est dans la limite. La limite étant la partie dans la volonté divine. Par le fait de séparer l'action en plusieurs parties, les Séphirot sont données à être perçues. Nous parlons ici de la volonté qui a un but car si elle n'a pas de but, elle est sans fin et donc indivisible car elle reste infinie. Par contre puisque cette volonté est limitée, nous pouvons parler de forces et de mesures. Voici l'exemple du corps et de l'âme. Dans le corps, il y a le corps en entier et aussi on peut parler de parties du corps, des membres du corps faisant partie d'une seule réalité qui s'appelle le corps. Il y a un parallèle entre la Néchama et la volonté divine avec un but qui aussi se subdivise. Cependant il y a une différence entre la Néchama et le corps. Celui qui est capable de voir la Néchama, il verra des forces de la volonté ou des aspects de la volonté humaine comme l'imagination, le cognitif, la mémoire...donc la Néchama s'exprime à travers plusieurs effets, plusieurs idées que l'on appelle des forces mais en vérité il y a aussi une unité mais là, nous ne parlerons pas de membres mais de forces comme les forces du Eïn Sof. On va voir par la suite que cette comparaison avec la Néchama est impossible car l'âme est créée par contre la notion des Séphirot au moins au niveau de leur nature est de l'ordre du divin. Nous parlons ici uniquement des Séphirot en tant qu'instrument. Que fait D-ieu des Séphirot. Comment la force se révèle, quel est son effet? Lorsque l'on parle de force c'est en tant que fonction qui s'exprime par quelque chose de concret qui s'appelle la création, l'histoire, la direction.
Chaque Séphira est une mesure particulière séparée. Il y a bien entendu deux voies: Il y a la voie des Séphirot qui n'est pas la voie de l'infini et il y a la voie de toute possibilité ou de l'infini où tout est enfermé dans le UN. Même ce pluralisme et ces forces multiples sont intégrés en une seule force que l'on ne peut saisir car uniquement ce qui se distingue peut être saisi. On ne parle pas donc de cette voie. L'homme lorsqu'il fait plusieurs actions, chaque action, chaque effet doit avoir une cause mais s'il y a plusieurs effets liés à une seule cause, quelque chose intégrant le tout, on ne peut plus distinguer même dans les effets et même s'ils sont différents. Dans la voie de la limite, une cause ne peut sortir qu'un effet. Pour cela, D-ieu va créer les causes c'est-à-dire les différents instruments où il y aura le rouge, le blanc etc... Et dans ces couleurs, nous dirons que le H'essed est l'origine du blanc, la rigueur, la Guévoura, l'origine du rouge... mais le Eïn Sof est à l'origine de toutes ces couleurs. Pour que nous puissions distinguer, il faut passer par une conduite de cause et d'effet. Mais dans le tout puissant, il n'y a aucune force limitée qui s'associe à lui, toute force est incluse en lui. Pour cela, il peut tout faire en même temps. Donc, il n'y a pas la cause pour laquelle il devrait agir de la sorte. Ce n'est uniquement pour la conception de l'homme que la cause est essentielle, c'est l'idée de la compréhension. C'est pour cela que les Séphirot ont été dans la création pour diriger et aussi pour être perceptibles pat l'intelligence humaine. Pour cela, les Séphirot ont ce potentiel d'être perçues en tant que compréhension. Chez le Ramh'al, c'est l'idée essentielle des Séphirot, cette volonté divine qu'elles soient perçues par les créatures. Car les Séphirot en tant qu'instrument de création, n'apportent rien aux créatures car nous ne comprenons rien à la création elle-même. Mais grâce à elles, on pourra relier telle créature à tel principe, tel événement à tel principe mais c'est tout, ce n'est rien qu'une relation. Mais puisque D-ieu veut que l'on comprenne, le prophète lorsqu'il voit tel mouvement dans telle Séphira, comprend l'événement et donc à ce moment, les Séphirot sont liées à la compréhension. Elles ne sont plus simplement des instruments liées à la création mais elles servent aussi à la compréhension. D-ieu veut se relier et donc, il va émettre quelque chose qui peut amener la créature à une compréhension de l'infini. Cette compréhension de l'infini passe alors par les actions des Séphirot.
La voie des Séphirot qui est la voie que l'infini va utiliser pour agir comme les hommes à savoir comme la créature qu'il va faire, avec la nature de la créature.
D-ieu ne va pas agir selon sa nature qui est infinie mais selon les qualités de l'être créé comme ce que nos sages enseignent:'' par dix paroles, le monde a été créé'' c'est-à-dire que ces dix paroles, ces dix Séphirot ne sont là non pas seulement pour créer le monde car il aurait pu le créer par une seule parole, une seule Séphira, mais ces dix Séphirot sont là pour nous permettre de comprendre cette création afin de nous relier à l'infini. Il y a cette notion de justes et de mécréants donc l'action est liée au relatif et non à l'absolu. Pour cela, maintenant, on va distinguer une cause spécifique à chaque action ou à chaque groupe d'actions. Et qui dit cause dit raison et qui dit raison dit sens. Et par cela, comprendre qu'il y a une direction unique vers l'unité divine qui s''exprime à travers toutes les créatures, à travers tous les aspects de l'histoire. Et cette conduite va dévoiler à la fin, la réalité de cette unité divine. Que cela soit la création, l'histoire ou les créatures, elles ne sont là que pour ce but, révéler cette gloire divine qu'il n'y a rien d'autre qui soit réel et qui agit. D-ieu peut créer autrement et s'il a choisi de créer de telle sorte, c'est pour se rattacher et se rattacher ne peut se faire que par la compréhension, c'est le Daat, l'union, cette relation que D-ieu veut avec l'être humain et aussi avec toute la création.
Chaque Séphira est une mesure de cette volonté mais attention, on ne divise pas l'infini car il n'y a pas de division dans le sans fin alors de quoi parle-t-on lorsque l'on parle de mesure? Il ne s'agit uniquement de dévoilement de sa volonté qui est le Kéli, la force qui se révèle de la volonté, ce qui s'exprime de lui. Lorsque nous parlons des Séphirot, nous ne parlons que de la révélation de la volonté et donc cela est l'expression réellement d'une mesure. Cependant, la volonté est l'infini, le Eïn Sof lui-même. Mais les Séphirot ne sont pas le Eïn Sof comme une chose qui va être entraînée et qui va procéder de lui directement. Ce n'est pas une partie que je sépare de lui, ce n'est pas comme un morceau de bois que je découpe d'un autre morceau de bois. Ce n'est pas un objet mais plutôt une sorte d'émanation mais ce n'est pas exactement cela. Car une émanation vient de quelque chose qui reste le même et ce qui vient de lui ne se distingue pas de lui. Mais c'est la définition qui est la moins éloignée de sa fonction. Nous avons déjà expliqué qu'il y a une interrogation si les Séphirot sont divines ou Kélim, instruments de la divinité. En conclusion, elles sont les deux, et divinité et instrument. On va les considérer tantôt comme divinité tantôt comme instrument.
Et même si nous parlons d'un nombre de Séphirot, donc d'une distinction, les Séphirot ne sont pas quelque chose de nouveau donc elles sont de nature divine par contre son dévoilement, ce qui s'exprime à partir d'elles, est nouveau et donc un instrument, un Kéli. Nous pouvons donc accepter que les Séphirot soient en tant que créatures, la première création qui se distingue de lui. Nous ne parlons que de son dévoilement. Mais ce qui est avant le dévoilement nous échappe et même si cela était un nombre qui s'exprime d'après plusieurs causes, cela reste que c'est au-delà de la limite, au-delà du Tsimtsoum. Seules les causes nombreuses sont de l'ordre du créé car ces causes engendrent la compréhension et donc le dévoilement des mesures de l'infini et même si cela paraît absurde de parler de mesures dans l'infini. Mais puisque nous ne parlons que de révélation, donc il est possible d'exprimer des mesures de l'infini.
La Séphira ne procède pas directement de l'infini. Mais comment cela peut-il en être ainsi vu que que nous disons que c'est un enchaînement qui procède de lui, comme un enchaînement de cause et d'effet? Donc on peut appeler les Séphirot un effet qui procède d'une cause. Elles sont secondes de quelque chose qui les précède.
En vérité, il y a deux sortes d'enchaînement. Les Séphirot ne sont pas un enchaînement nouveau. On ne peut dire que les Séphirot existent d'une manière qu'elles n'existaient pas avant comme les corps des êtres séparés qui existent d'une manière nouvelle qui n'existaient pas auparavant. Les Séphirot peuvent être considérées comme des différentes parties qui sont au sein d'une unique entité, lorsque l'enchaînement évolutif va se révéler, en vérité ce qui se révélera est l'infini, le Eïn Sof mais qui ne révèle que ce qu'il veut bien révéler. En d'autres termes, dans chaque action, dans chaque mouvement, dans chaque créature, il y a un ordre de l'infini mais dans la majorité, il reste caché et il y a une partie qui se révèle. Et ce qui se révèle est ce qui n'est pas caché par lui. Mais en vérité, dans chaque créature comme dans chaque action qu'il y a dans l'histoire, il y a l'infini lui-même. Donc ce qui émane de lui n'est pas quelque chose de limité. Quant à ce qui se révèle, c'est de l'ordre du limité. Et ce qui est perçu n'est que la limite. Avant que les Séphirot ne se révèlent, elles ne sont que divines comme les multitudes de forces qui existent dans l'infini. Et toutes ces forces ont un titre: Eïn Sof. Mais dès qu'elles se révèlent, elles sont appelées ''Séphirot'' par rapport à une action qui se révèle, c'est tout mais nous ne savons ce que c'est car cela reste divin. Mais à partir du moment qu'elles se révèlent, alors elles ne sont plus appelées ''Eïn Sof'' car maintenant elles ont une fin et une limite et pour cela, elles sont appelées Séphirot. Ces forces qui étaient inclues dans la divinité sont de l'ordre de l'infini. À partir du moment qu'une partie de ces Séphirot se révèlent, elles deviennent finies. Seules, les Séphirot en tant que mouvement, qu'instrument peuvent être perçues car finies mais les Séphirot en tant que divinité, on ne sait pas ce que cela est. Car dans chaque Séphira, il y a cette relation avec l'infini, il y a ce Kav, ce fil infini, ce rayon dans les Séphirot qui reste divin. Et ce qui va se révéler, n'est qu'une limite qu'il veut révéler. Donc ce qui se révèle n'est pas sa nature divine elle-même mais ce n'est que de l'ordre de l'accidentel car lié à une volonté qu'il veut bien révéler. Si nous voyons le taureau ou le lion dans la Séphira ou bien la couleur blanche, cela n'est pas lié à la nature de la Séphira. En aucun cas, l'image qui se révèle au prophète est liée d'une manière inhérente à la Séphira. Il n'y a aucun taureau dans la Séphira. Il n'y a pas la couleur blanche dans la Séphira ''H'essed''. Le blanc n'est lié au Hessed que par accident. Et si nous disons que la couleur est liée à la nature de la Séphira, nous disons que la Séphira n'est que créature sans divinité du tout. Mais si nous la lions à la volonté, alors nous révélons de la même Séphira deux choses différentes et même presque opposées. Il se révèle tout d'abord cette création et cette histoire, c'est-a-dire ce qu'il veut bien révéler. Mais il y a un autre aspect qui est plus grand encore et qui ne se révèle pas: l'éternité, le monde futur. À ce niveau, nous ne sommes plus dans la révélation, nous sommes dans l'unité. Ce n'est plus dans le sens de recevoir mais pour le moment, les Séphirot se révèlent à partir d'un nombre infini mais du fait qu'elles sont liées, on va lui donner une définition, une couleur un animal qui sont les expressions des Séphirot. Mais cela ne veut pas dire que la Séphira contient la Guévoura où le H'essed ou le taureau....et nous verrons ce qu'elle contient. Les Séphirot sont liées à la providence, au contrôle divin.


Que doit-on comprendre des Séphirot ? D-ieu veut utiliser des forces pour créer le monde. Il veut que l'on comprenne quelque chose, que l'on perçoive la divinité. Lorsque les Bné Israël ont fait le veau d'or, ils ont perçu quelque chose du divin mais ils sont tombés et ils ont matérialisé leur vision et ont fait un taureau. Mais ce taureau est en fait un principe divin dans le char divin, dans la direction divine comme Abba et Ima. De même les nations en ont fait des images. Lorsque D-ieu veut nous faire comprendre quelque chose, il ne veut pas exprimer plus que cela. Il veut exprimer une compréhension mais non une matérialité de lui-même. Il veut que l'on comprenne quelque chose de lui, c'est à cela que servent les Séphirot d'après le Ramh'al. C'est ce que voit le prophète en vérité et la Torah de Rabbi Shimon bar Yoh'aï est la Torah de la prophétie par laquelle il voit et explique l'histoire de la création. La compréhension que nous avons est liée à une volonté et c'est cela qui est nouveau et c'est ce qu'il veut révéler. Donc en vérité, ce qui se révèle, tout le temps que cela est partiel, alors est de l'ordre des Séphirot. Car dans la véritable révélation, il n'y a rien d'autre que lui. Le Ramh'al dit qu'à la fin des temps, on ne connaîtra plus D-ieu à travers les Séphirot. Il n'y aura plus besoin de cela. On ne connaîtra D-ieu que par l'infini, par le Eïn Sof et c'est cela l'unité en dehors des mesures car celles-ci ne sont pas liées à la nature divine mais uniquement à la volonté divine qui est dans le temps. Ce n'est maintenant seulement, à travers cette partialité, ce pluralisme, cette gradation qui est liée à la non-perfection. À la fin, lorsqu'il y aura la véritable perfection, celle-ci ne se révélera que sous la forme de l'unité. Mais pour le moment, tant que l'on n'a pas atteint cette unité, alors il y a une volonté qui se révèle à travers les créatures, à travers les événements. Mais c'est cette volonté qui fait que l'on comprenne et par cette mesure qu'il a voulu que l'on perçoive. D-ieu a institué une loi qui permet de voir, de percevoir et de comprendre cette mesure. Tout est lié à une volonté, tout n'est qu'une matérialisation de la volonté. Ce qui définit toutes les formes que l'on perçoit n'est rien qu'une volonté. Cela ne procède pas de son émanation. Nous ne parlons qu'au niveau de ce que l'on saisit à partir de sa volonté.
Le prophète est capable de percevoir uniquement par sa faculté imaginative. Ce n'est pas quelque chose qu'il voit mais c'est par la force de l'imagination qu'il va traduire ce qu'il voit en tant qu'image réelle et concrète comme la vision du taureau. En d'autres termes, lorsque l'on voit le taureau dans le char céleste, il n'y a pas de taureau mais il y a quelque chose qui émet dans l'esprit qui va faire que la faculté imaginative va traduire par un taureau. Toute la forme du taureau n'est que dans l'imagination, ce que l'on comprend, ce que l'on saisit mais en aucun cas, on ne peut percevoir ce qu'il y a dans le char céleste. Car lorsque l'on voit la Séphira, on comprend. Lorsque le prophète perçoit la vision prophétique, se grave dans son cœur l'interprétation. Le Ramh'al veut nous expliquer que tout ce qu'a parlé le Zohar n'est rien qu'une parabole, ce n'est qu'une vision. Ce que nous devons comprendre, c'est l'interprétation. Le prophète voit quelque chose mais ce qui est important est le message qui est tapi derrière la parabole. Le prophète ne voit qu'un symbole qui signifie quelque chose. Les Séphirot sont en d'autres termes des symboles. Et nous devons en trouver l'explication pour comprendre ce qu'elles signifient. Car le prophète, lorsqu'il voit, il comprend de suite l'explication. Comme un rêve, il y a la vision et le message. On peut dire aussi lorsque l'on parle des Séphirot, des yeux, de la barbe ou des oreilles, ce ne sont que des symboles mais il faut les déchiffrer pour comprendre ce qu'ils signifient. Cette vision n'est pas inhérente à la nature, elle n'est liée qu'à une volonté. L'action qui se révèle de cette volonté ne peut être reliée à aucune nature. La vision qui se révèle de la Séphira telle que la couleur ou la forme de l'animal ne définit en aucun cas cette nature mais elle se révèle à partir d'une volonté. Ce qui importe maintenant est qu'à partir de telle action ou de telle créature ou de tel effet, de telle Séphira, nous devons comprendre le sens de cette illumination et ses détails. Les vicissitudes du temps sont aussi des perturbations dans ces illuminations qui sont liées à ces mouvements, à ces Séphirot. Par la vision prophétique, on les comprend car l'acte est spécifique à un temps précis. La révélation est liée au temps. En d'autres termes, c'est quelque chose qui se révèle mais qui n'est pas dans la nature même de la Séphira.
Qu'est-ce que le partsouf de Guévoura? Cela se révèle comme un décret mais à quoi correspond-il en haut? L'image est liée à la volonté qui se révèle mais pas à la nature même de cette mesure, Séphira ou émanation. La vision n'est pas essentielle provenant de la nature de la Séphira mais occasionnelle et fortuite provenant du temps et de l'action divine. Pourtant en dehors de l'action divine, il y a une créature qui s'appelle le ''verre'' ou le ''cristal'', il y a toutes sorte de couleurs... qu'expriment t-ils et comment s'expriment-ils? Le Ramh'al veut nous amener à la vision dans sa véritable nature. Quel est son reflet dans le divin et de quoi peut-on parler? Puisque D-ieu veut se faire comprendre, il veut se révéler. C'est quoi cette face définitive que l'on appelle ''dévoilement de son unité''? Que doit-on comprendre de lui, de cet au-delà de l'histoire et de la nature? Le Kéli est la révélation mais la nature en tant que telle est la Séphira.

L'important pour l'homme n'est pas Qui il est, mais Qui il sera



La phrase du titre est de Sri Aurobindo
Par SATPREM

Plus le chercheur progressera vers le haut, plus son accès aux zones d’en bas s’élargira – le Passé qu’il touche est exactement proportionnel à l’Avenir qu’il découvre – et plus son pouvoir de transformation collective grandira aussi.

Jusqu’à présent, le pouvoir tiré en bas était un pouvoir mental, ou surmental au mieux, qui ne touchait que des demi-profondeurs, mais maintenant qu’un pouvoir supramental ou spirituel est descendu dans la conscience terrestre à travers la réalisation de Sri Aurobindo et de la Mère, on peut penser que ce Futur suprême va toucher le Fond suprême et précipiter le nettoyage, c’est-à-dire, en fin de compte, l’évolution de l’humanité tout entière.
Le yoga est un processus d’évolution concentrée, et la progression est géométrique : Le premier mouvement de la Force évolutive dans la Matière s’étend obscurément sur des âges; le mouvement de la Vie progresse lentement, mais déjà à un rythme plus rapide, il se concentre en millénaires; le Mental peut comprimer encore davantage la lenteur nonchalante du temps et faire de grandes enjambées en quelques siècles; mais quand l’Esprit conscient intervient, une rapidité évolutive suprêmement concentrée devient possible.
Nous en sommes Là.
Les soubresauts du monde actuel sont sans doute le signe que la Pression descendante s’accélère et que nous approchons d’une vraie solution.
Il se peut qu’une fois commencée l’entreprise (supramentale) n’avance pas rapidement, il se peut qu’elle prenne de longs siècles d’effort avant d’arriver à naître avec quelque permanence.
Mais ce n’est pas tout à fait inévitable; les changements de ce genre dans la Nature semblent avoir pour principe une longue et obscure préparation, suivie d’un rassemblement rapide et d’une précipitation des éléments dans une nouvelle naissance – une conversion brusque, une transformation qui fait figure de miracle par sa lumineuse instantanéité.
Une fois le premier changement décisif effectué, il est certain aussi que l’humanité tout entière ne sera pas capable de s’élever à ce niveau. Il ne peut manquer de se produire une division entre ceux qui sont capables de vivre dans la lumière qui descend au niveau mental. Et en dessous aussi, il se pourrait qu’il reste une grande masse influencée d’en haut mais pas encore prête pour la lumière.
Mais ce serait déjà une transformation, un commencement qui dépasserait de beaucoup tout ce que l’on a réalisé jusqu’à présent. Cette hiérarchie n’entraînerait pas, comme dans notre existence vitale actuelle, une domination égoïste du moins développé par le plus développé; les aînés de la race, au contraire, guideraient leurs frères plus jeunes et travailleraient sans cesse à les élever à des niveaux spirituels plus hauts et vers des horizons plus vastes.
Et pour les guides aussi, l’ascension aux premiers niveaux spirituels ne serait pas la fin de la marche divine, ce ne serait pas un sommet qui ne laisse plus rien à accomplir sur la terre. Il y a d’autres niveaux au sein du monde supramental, encore plus élevés, ainsi que le savaient les anciens poètes védiques qui parlaient de la vie spirituelle comme d’une ascension constante :
Ô TOI AUX CENT POUVOIRS, LES PRÊTRES DU MOT
T’ESCALADENT, COMME UNE ÉCHELLE. TANDIS QU’ON MONTE DE CIME EN CIME, APPARAÎT TOUT CE QUI RESTE À FAIRE.
Au fond, nous avons passé tous ces siècles à préparer la Base. Une base de sécurité et de bien-être par notre science, une base de charité par nos religions et nos morales, une base de beauté et d’harmonie par nos arts,une base mentale de scrupuleuse exactitude – mais c’est une base pour autre chose.
Absorbés dans notre effort pour bien faire, nous ne voyons qu’un angle du grand Œuvre – un angle d’immortalité terrestre comme les rishis, un angle de Permanence éternelle comme le Bouddha, un angle de charité, un angle de bien-être, toutes sortes d’angles, mais nous n’allons pas toujours jouer aux cubes comme les enfants! rien de tout cela n’est une fin, c’est une condition négative du jeu; rien n’est commencé encore! qu’est-ce qui est commencé?… peut-être attend-on seulement que nous prenions conscience du jeu pour qu’il commence.
Nous avons épuisé toutes sortes d’aventures depuis Jules Verne et elles se sont lentement fermées devant nous; quelle guerre, quelle révolution vaut encore qu’on s’y saigne? nos Everest sont déflorés et les hautes mers bien gardées – tout est prévu, réglé, même la stratosphère.
Peut-être pour nous conduire vers la seule ouverture en ce monde qui nous suffoque de plus en plus? Nous nous sommes cru myopes, une petite taupe sur cet astre, et nous avons rectifié le grand Œil du dedans, et nos ailes à courir les mondes, par un acier qui nous écrase et nous écrase.
Peut-être pour nous forcer à croire en nous-mêmes autant qu’en nos machines et que nous pouvons mieux qu’elles. “ils tournent et tournent en rond, meurtris et trébuchants, comme des aveugles conduits par un aveugle”, disait déjà l’Upanishad.
Le temps n’est-il pas venu de jeter un coup d’œil par-dessus nos constructions, et de commencer le jeu? au lieu de remuer des pelles, des pioches, des évangiles et des neutrons, défricher la conscience et jeter cette graine-là sur l’aire du temps, et que la vie commence.
Ô race née de la terre, que le Destin emporte et que la
Force contraint
Ô petits aventuriers dans un monde infini
Prisonniers d’une humanité de nains
Tournerez-vous sans fin dans la ronde du mental
Autour d’un petit moi et de médiocres riens?
Vous n’étiez point nés pour une petitesse irrévocable
Ni bâtis pour de vains recommencements…
Des pouvoirs tout-puissants sont enfermés dans les cellules
de la Nature
Une destinée plus grande vous attend…
La vie que vous menez cache la lumière que vous êtes!
Et si l’on jette un coup d’œil par-dessus le mur, tout est là, déjà, attendant seulement que nous le voulions :
Je les ai vus passer le crépuscule d’un âge
Les enfants aux yeux de soleil d’une aube merveilleuse…
Puissants briseurs des barrières du monde…
Architectes de l’immortalité…
Corps resplendissants de la lumière de l’esprit
Porteurs du mot magique, du feu mystique
Porteurs de la coupe dionysiaque de la joie…

L’âge de fer est fini

Les conditions de l’âge de Vérité peuvent sembler sévères – cette descente périlleuse dans l’Inconscient, la bataille contre l’Ombre, la Mort qui menace; mais n’avons-nous pas risqué nos vies à des entreprises plus futiles?
La grandeur de l’homme n’est pas dans ce qu’il est, mais dans ce qu’il rend possible, dit Sri Aurobindo.
Il faut que la Victoire soit remportée une fois, dans un corps.
Quand un seul homme aura remporté cette Victoire-là, ce sera une victoire pour tous les hommes et dans tous les mondes.
Car cette petite terre, en apparence si insignifiante, est le terrain symbolique d’une bataille qui se joue à travers toutes les hiérarchies cosmiques, de même que l’être humain conscient est le terrain symbolique d’une bataille qui se dispute dans tous les hommes – si nous vainquons ici, nous vainquons partout; c’est nous qui délivrons les morts, c’est nous qui délivrons la vie.
Nous sommes chacun, par notre prise de conscience, les bâtisseurs du ciel et les rédempteurs de la terre. C’est pourquoi cette vie sur la terre assume une importance exceptionnelle parmi tous nos autres modes de vie, pour cela aussi que les gardiens du Mensonge s’obstinent à nous prêcher l’au-delà : Il faut se dépêcher de faire son travail ici, dit la Mère, car c’est ici qu’on peut le faire vraiment.
N’espérez rien de la mort, la vie est votre salut.
C’est en elle qu’il faut se transformer; c’est sur terre qu’on progresse, c’est sur terre qu’on réalise. C’est dans le corps qu’on remporte la Victoire. Alors la loi de l’évolution ne sera plus celle des contraires qui nous talonnent pour nous arracher à notre enfance humaine, mais une loi de lumière et de progrès sans fin – une évolution nouvelle dans la joie de la Vérité.
SRI AUROBINDO ou l’aventure de la conscience Satprem p. 373-377
http://epanews.fr

Partager pour Eléver les consciences à condition d'en respecter l'intégralité et de citer la source: http://la-source-des-sagesses.blogspot.fr

Le féminin sacré dans la tradition juive

Le Féminin Sacré ou la capacité à actualiser nos potentiels

par Rachel Cohen (entre parenthèse qq explications de votr serviteur)

Rachel Cohen est psychanalyste, chargée d’enseignement auprès d’élèves ingénieurs. Elle est l’auteure de nombreux articles.

« Il est interdit de désespérer » Rabbi Nahman

Prélude : Kabbale et Féminin?

Il existe dans la pensée juive une approche traditionnelle : la Qabale. L’un des piliers de la Kabbale, l’arbre des 10 sephiroth ou « arbre des dix lumières «récapitule et décline à la fois les différents aspects de la création.
Sa structure, faite des émanations divines, représente la trame mystérieuse de la création, de même que celle de l’être humain.
Il comporte dix sephiroth : les dix lumières.
Daat, la sephira secrète, invisible, désigne en hébreu la connaissance.
Daat est le résultat du mariage:
- de la sagesse (Hochmah, le P-ere, le soleil, le principe actif) et
- de l’intelligence (Binah, la M-ère, la lune, le principe passif) en un lieu inconnu de nous-même.

En ce sens, la Qabale n’est pas une érudition, bien que les descriptions ou tentatives d’explication de ce qu’est la Qabale soient nombreuses (1).
La notion de féminin, a fortiori de féminin essentiel (2), dans la Qabale ne se laisse pas aisément saisir par les approches traditionnelles. Le mot « féminin » s’emploie la plupart du temps pour qualifier ce qui est considéré comme caractéristique de la femme selon une image stéréotypée.
La Qabale est accueil, qualité essentielle du Féminin (3).

"Leqabel" en hébreu signifie recevoir. En arrivant à l’hôtel en Israël, on se rend à la qabala, la réception. Et votre « cabas » accueille vos provisions…! Le qabaliste n’est pas un savant, mais un chercheur. Il ou elle est constamment en train de lire les textes et d’interpréter. L’interprétation, loin d’être futile, est créatrice, c’est même une attitude fondatrice de l’humain.

Au cœur de la Qabale se trouve l’Arbre des Séphiroth, l’Arbre de Vie, »qui mesure 500 ans de marche… ». Il symbolise la vie, il personnifie Dieu lui-même, le Créateur et ses forces créatrices.
Une sephira est donc un contenant.
Chaque sephira est à la fois féminine et masculine. Elle est féminine en ce qu’elle reçoit et masculine en ce qu’elle donne. En voici une bonne image, lorsque, dans un mariage, les mariés construisent une « fontaine de champagne » à l’aide de coupes posées les unes sur les autres en pyramide : le champagne versé dans la première coupe va s’écouler de coupe en coupe jusqu’en bas.
Pour créer le monde, D. envoya sa lumière, l’éclair étincelant : certains vases, les Sephiroth du « haut » de l’Arbre, résistèrent, d’autres furent brisés, le dernier, Malkhout, fut seulement fêlé. Ce fut la brisure des vases, qui déplaça l’ensemble des éléments du plan divin. Or, les vases furent brisés car ils refusèrent d’accueillir la lumière.
Il s’agit, pour les êtres humains en général et pour les juifs en particulier, de réparer cette brisure des vases, c’est le temps, ou l’espace du tiquoun, de la réparation, c’est le « travail » de l’homme. Les étincelles de lumière (288 pour être précis, disent nos sages) (4), restèrent collées aux tessons, et se mélangèrent à eux. Elles formèrent ainsi, pour une part, les « klipoth », les écorces.
Lors de la brisure des vases, les lumières furent séparées des réceptacles, telle l’âme du corps. Un peu de puissance spirituelle fut laissée en eux afin d’aider à la réparation (Tiquoun) du monde d’avant la brisure, appelé Atsilouth.
Cette puissance est représentée par les 288 étincelles, demeurées dans les réceptacles. Elles sont issues de la « Lumière Forte » cachée dans « l’utérus » de la Mère Binah (3ème sephira : intelligence) source de tous les jugements, comme le mentionne le Zohar.
Nos sages disent que pour ouvrir la mer lors de la fuite en Egypte, Moïse unifia tous les contraires de Hessed et de Gevourah, la Miséricorde et la Rigueur, en établissant un équilibre entre les colonnes de droite et de gauche de l’Arbre des Sephiroth. C’est pourquoi le verset 21 (Exode 14) précise « Moïse étendit sa main sur la mer, et l’Eternel fit reculer la mer, toute la nuit, par un vent d’Est impétueux… ». Le souffle d’Est symbolise la sephira Tipheret, la beauté, en tant qu’elle est capable sur la colonne du milieu qui s’étend de l’origine (du levant : Kether la couronne) à la fin (au couchant : Malkhout le royaume) d’harmoniser la bonté absolue de Hessed et la rigueur du jugement de Gevourah afin de faire surgir ladouceur.
« … Comme il est dit, les eaux se rassemblèrent en un lieu, par l’appel mutuel… des colonnes de droite et de gauche » (Sefer Raziel 25a.)
Réparer la brisure des vases, faire le tiquoun, revient à libérer ces étincelles de lumière.
Pour cela, il faut tout d’abord prendre conscience que recevoir la lumière et accueillir la lumière sont deux niveaux de conscience différents, pour arriver la douceur (5).
Ainsi, la problématique est posée : nous sommes en exil, nous recevons tous la lumière, mais l’accueillons-nous ?
Depuis la nuit des temps, cette capacité d’accueillir est associée au Féminin.
Il me revient un souvenir de mon enfance : j’étais intriguée par une phrase qui accompagnait la reproduction d’un tableau « Rachel pleurant ses enfants…(6), où l’on voyait une femme éplorée, cheveux épars… inconsolable.

Le Féminin est inconsolable.

Or le Féminin est la dimension essentielle de la qabale. Rachel a le cœur ouvert.
Pour bien comprendre l’importance du cœur en hébreu, il nous faut préciser ceci : la première lettre du premier mot du premier paragraphe du premier livre de la Torah, dont nos sages nous disent qu’elle contient toute la Torah, le Beth de Berechit, forme, avec la dernière lettre du dernier mot du dernier livre, le Lamed de Israël, le mot LEV, le cœur.
La Torah toute entière est contenue dans le cœur. La Torah sans le cœur est inutile.
Dans l’Arbre des Sephiroth, le cœur est une coupe : c’est la Sephira Tipheret, la beauté, sephira centrale dans laquelle se déversent toutes les autres. La beauté en Tipheret, c’est le cœur ouvert.
Les femmes de la Bible, en particulier les matriarches, sont presque toujours « toute beauté » : mais il est souvent trop tôt pour les épouser.
Jacob rencontre Rachel, au puits: il n’est pas encore ouvert, « le jour est encore long, il n’est pas l’heure de faire rentrer le bétail » (Genèse chapitre 29, versets 7 et 8).
Epouser Rachel revient à épouser son Féminin intérieur. Mais il est trop tôt. Jacob devra attendre 7 ans, et commencer par s’unir à Léa, sa sœur aînée, dont le nom signifie « fatiguée », elle est celle qui a les yeux malades. Laban, leur père, usera de ruse pour arriver à ses fins et Jacob travaille 14 ans pour son beau-père avant de partir avec Rachel.
Le chemin est long, plein d’errance(s), labyrinthique(s) avant d’arriver en Tipheret, le lieu des noces, de l’union des contraires, de l’ouverture du cœur, de l‘accueil.

Recevoir la lumière et accueillir la lumière est ouverture du cœur

Se faire coupe, c’est recevoir, s’ouvrir sans se briser. Que se passe-t-il si l’accueil de la lumière ne se fait pas?
Nous nous proposons d’explorer ce qu’implique cette dimension d’accueil, ou de refus, de la lumière divine sur différents plans : psycho-religieux, symbolique et spirituel.
Nous serons amenés ce faisant à situer la dimension spécifique du Féminin dans la qabale, tout d’abord, en la différenciant de la Shekhina, mais peut-être ce chemin réserve-t-il quelques surprises… Lecteur, laissons-nous saisir…
Dans son beau livre « Isha, dictionnaire des femmes et du judaïsme »(2001 – Calmann-Levy) Pauline Bebe, première femme rabbin de France ordonnée en 1990 à Londres, dit qu’elle « ne sait si le fait d’être une femme a influencé sa manière d’appréhender les problèmes humains ».
Et elle ajoute : « je pense qu’il est encore trop tôt pour définir le « féminin » (c’est l’auteur qui souligne) dans des termes libérés de tout schéma patriarcal (7).

Ish et Isha : féminin et masculin mêlés, deux parts de nous-mêmes.

Le féminin en hébreu se dit Nekeva, d’une racine qui veut dire : trou.Le féminin, c’est le trou qui peut être abysse ou ressource.
Au-delà de l’aspect trivial qui pourrait choquer de prime abord, cette relation « féminin / trou » autorise une approche plus précise de cette notion du Féminin dans la qabale : avant d’aller plus loin, rappelons que le masculin se dit Zakhor, fondé sur la lettre Zaïn, sexe et arme, à la fois.
Ce mot prononcé Zakhar, signifie « se souvenir » : faire oeuvre mâle serait donc, en pénétrant son Féminin intérieur, se souvenir de l’étincelle divine, du noyau divin fondateur de l’être.

Comment le Féminin est-il représenté traditionnellement?

Dans l’ancienne Chine, entre autres, car ces archétypes sont communs à de nombreuses traditions, la dualité Yin/Yang présente le Yin, féminin, comme sombre, humide, frais, inconscient, lunaire, par rapport au yang, masculin, lumineux, sec, chaud, conscient, solaire…
Le féminin est associé à l’obscurité, à l’autre côté des choses,souvent caché ou secret, aux grottes, temples-grottes ou cavernes…, là où a lieu l’initiation, souvent à l’aide de contes…, là où il faut descendre…
Chez les Dogons, on ne conte que la nuit. Conter le jour rendrait les femmes stériles.
La « parole huilée » prend sa source dans le réservoir des contes qu’est le pancréas, et elle émerge comme un tapis tissé de couleurs qui chatoient… La forme du conte, analogique et poétique, en sollicitant l’indicible, permet la transmission de la dimension tacite (8), de la connaissance.
Rabbi Nahman (9) de Bratslav a lui-même fini par composer treize contes célèbres, pour transmettre sa sagesse à ses disciples. On peut dire que le conte est la façon la plus compacte de faire passer des connaissances complexes. Les contes de Rabbi Nahman consistent en des enseignements condensés et concentrés.
Il pensait ainsi réussir son enseignement sous une autre forme qui lui permettrait d’entrer profondément dans les cœurs. La littérature qabaliste est la source la plus importante des contes de Rabbi Nahman et elle en constitue une clé fondamentale. Son travail littéraire et artistique est un travail de précision où même les détails les plus insignifiants (apparemment) et ceux qui sont presque imperceptibles à l’œil, pourrait-on dire, si on comparait ses contes à un tableau, sont traités avec autant de minutie que les autres.
Ces contes sont destinés à transmettre un enseignement, de sorte que, pour l’auteur, la signification du contenu a plus d’importance que la forme littéraire. Le dernier de ces treize contes, peut-être le plus important, « Les sept mendiants » fut écrit six mois avant sa mort.
Rappelons que 13 en hébreu est le nombre de l’amour (10). Le conte constitue en lui-même un acte visant à restaurer l’harmonie cosmique, qui libère les étincelles de sainteté prisonnières dans le trouble du monde en même temps que le sens se dégage et permet d’agir juste.

Le don de l’histoire

Il était une fois un vieux sage qui, sur le point de mourir, réunit tout le village :
 » J’ai servi pour vous d’intermédiaire pour la pluie, pour les récoltes, pour la santé et la fécondité, mais quand je ne serai plus là, vous allez devoir agir par vous-mêmes. Vous connaissez l’endroit de la forêt où j’invoque D. ieu… Tenez-vous en ces lieux et faites de même. Vous savez allumer le feu. Vous savez dire les prières. Faites tout cela et D. ieu viendra ».
Après la mort du vieux sage, la première génération suivit ses instructions à la lettre, et D. ieu vint à chaque fois.
A la deuxième génération, toutefois, nul ne se souvenait de la manière dont le vieux sage avait appris à allumer le feu, mais les gens se tenaient à l’endroit dit dans la forêt et récitaient les prières. Et D. ieu venait.
A la troisième génération, il n’y avait plus personne pour se remémorer la façon d’allumer le feu, ni le lieu où se rendre dans la forêt, et l’on avait oublié jusqu’aux prières. Mais il y avait quelqu’un qui se souvenait de l’histoire et la racontait à voix haute. Et D. ieu venait toujours.
Tant qu’il resta au moins une âme pour raconter l’histoire, D. ieu vint, et protégea le village. Et aujourd’hui encore, l’histoire se transmet… (Conte hassidique).

« Faites des études de mes prières et de mes prières des études », disait Rabbi Nahman.
Le Féminin est à proprement parler la capacité à actualiser l’ensemble de nos potentialités, situées dans un lieu encore inconnu de nous-mêmes, dont la rationalité nous sépare souvent.
Il faut d’abord y croire pour aller voir.

La foi ou Emounah

Le mot hébreu pour foi est emounah, faire confiance. Abraham eut foi en la promesse divine, avoir un enfant alors que sa femme était nonagénaire.
Le Féminin est une dimension verticale (reliée au Divin) de nous-même, ce n’est pas la féminité qui caractérise le fait de se situer par rapport à l’homme.
Le Féminin en tant que notre dimension créatrice, notre capacité à nous enfanter nous-même à chaque instant, implique la rupture, lesaut dans l’inconnuIl faut la foi pour cela…
Dans la qabale, le Féminin, c’est la rigueur, la Gevourah. Il est une dimension émissive. Mais la rigueur n’est pas la rigidité, la rigueur et la souplesse forment une « monture », bien différente du binôme rigidité et mollesse. La souplesse de la loi est traversée par la lame de la rigidité du principe.
La vision, dont le symbole est l’aigle, est un attribut du Féminin.C’est, de plus, une vision instantanée : voir et voir tout de suite, comme l’aigle qui plane très haut dans le ciel aperçoit de son oeil perçant un minuscule mulot et fond sur lui instantanément. Il y a écrasement du temps. Le discernement en découle, qualité lui aussi du Féminin essentiel, il se situe en amont du choix qui préside à toute décision.
Rappelons que dans l’arbre des Sephiroth, Hochmah, la sagesse, et Bina l’intelligence sont respectivement père, aba et mère, ima, divins.
La sagesse est donc masculine et l’intelligence féminine.
Dans le monde de l’exil qui est le nôtre, il y a eu croisement de ces valeurs, l’intelligence est devenue « masculine » (desséchée, rationaliste, sans cœur) et la sagesse s’est « féminisée. »
L’audace est une autre qualité du Féminin, elle implique la vision des étapes du chemin à parcourir, la conscience de ce qu’elles exigent (les risques contenus, par exemple), et le choix de s’engager quand même.
L’audace est souvent liée, dans la Bible, à des figures féminines. Telles Tamar, déguisée en prostituée séduira son beau-père qui l’avait laissée veuve et contribuera ainsi à la naissance du Roi David, ancêtre du Messie, ou Judith qui va égorger Holopherne, sauvant ainsi son peuple. Mais cette qualité du Féminin essentiel n’appartient pas qu’aux femmes.

Féminin et Maternel

Le Féminin n’est pas le maternel, bien qu’il comporte une dimension d’accueil.
Autant le Féminin dans la qabale, est rigueur et dimension émissive capable d’accueillir la lumière, autant le maternel est une dimension horizontale, certes indispensable quand elle est juste c’est-à-dire protectrice et respectueuse de l’autre.
Notons que le masculin, pour être juste, c’est-à-dire protecteur, a lui aussi besoin de cet aspect.
N’oublions pas que la dénaturation du Maternel est la possession,lorsque l’espace de l’expression du besoin ou du désir n’existe plus et qu’il est immédiatement comblé.
Tandis que la dénaturation du Féminin est la séduction (bien qu’il existe une séduction juste, nécessaire pour exister, mais cela nous entraînerait trop loin…), là aussi comme un moyen de posséder l’autre, de se l’approprier. Rappelons que ce champ est investi avec autant de talent (si l’on peut dire) par les hommes que par les femmes.
Dans la verticalité, le féminin, symbolisé par la femme (et nonappartenant à la femme) a l’ingérence.
La Qabale parle de la Force du Féminin, qui est située dans l’utérus de Bina, comme nous l’évoquions plus haut.
Analogiquement, le chevalier, un genou en terre devant la Dame, ou la carte de la Force, qui dans le Tarot représente une femme dominant un lion à ses pieds, en sont des illustrations, même si dans l’horizontalité, c’est-à-dire le quotidien, c’est l’homme qui domine.
C’est un peu comme chez les Chinois, ce qui est yin ou yang l’est aussi en fonction du contexte : l’homme est yang, la femme est yin. Mais dans une posture sexuelle où la femme se trouve au-dessus, elle devient yang car elle a le dos tourné au ciel. Subtilité d’intégrer chaque situation… en fonction des champs de conscience où elle se joue.
Il n’en reste pas moins que ces deux dimensions (verticalité / horizontalité), si elles sont un « vivre juste » en relation avec le divin et avec l’autre (ce qui implique paradoxalement une distance nécessaire qui est l’espace du désir) et non un « collage » fusionnel (notamment dans le couple) s’articulent et autorisent l’ouverture du cœur.

Shekhina et Féminin

Disons-le d’emblée, la Shekhina n’est pas le Féminin essentiel.
Le mot Shekhina vient de la racine shin kaf noun : être présent, résider, et il est souvent traduit par « présence divine ».
Cette racine forme aussi le mot shekhen, qui signifie « voisin ». Deux voisins sont très proches, mais séparés par un mur, donc à la fois proches et séparés. Par analogie, ce terme évoque la distance radicale du divin et sa proximité.
La Shekhina est l’expression de la difficulté à parler du Divin dans un langage humain. Son lieu de résidence est le sanctuaire (Exode 25:8). Pourtant D. est partout, sa présence ne se limite pas à un lieu :« Le Saint, béni soit-Il, est le lieu (11), du monde, mais le monde n’est pas son lieu » (Gen. R. 68:8).
Le « tsimtsoum hashekhina« , « rétrécissement de la Shekhina » indique la Présence Divine en un endroit bien particulier, bien qu’elle ne se retire pas d’un autre. La Shekhina accompagne Israël, elle est au milieu du peuple, elle partage la douleur, réconforte les malades, aide ceux qui sont dans le besoin ; elle est compatissante.
Nos actions, nos pensées, si elles sont justes, la font descendre et résider sur terre, et dans le cas contraire la font disparaître. Elle est un abri, un refuge, on dit par exemple « sous les ailes de la Shekhina ».
La Shekhina, en tant que « présence divine » sur la terre, serait donc le désir de D. pour l’homme.
N’oublions pas que dans la Bible, le récit est souvent relaté du point de vue des hommes uniquement. Toute la Bible est au masculin, le langage y est propre à l’expression de l’ordre patriarcal.
Or l’hébreu puise sa force entre autres, dans le fait que chaque mot est une brique de la pensée, contrairement à nos langues qui ne font que traduire la pensée.
En ce sens, on peut dire que la pensée n’est pas dans le cerveau, elle est dans le langage.
Le langage peut libérer, il peut aussi enfermer la pensée dans les images. « Dénoncer l’idolâtre des mots lorsque l’image est prise pour la réalité et la modification de cette image semble être une atteinte à la réputation de D. » (Pauline Bebe « Isha, dictionnaire des femmes et du judaïsme p 347.) Dans ce langage, il n’y a guère de place pour l’approche et l’expression du Féminin.

La lettre Vaw (le clou), lettre centrale de la Torah, l’homme, « clou » de la création

L’homme est le lieu, l’espace de rencontre de deux désirs : le désir de D. pour l’homme et le désir de l’homme pour D.
L’homme est au Ciel/Terre, disent les Chinois, il est le clou (vaw),lettre centrale de la Torah, de la création, en ce qu’il l’incarne en larécapitulant et en ce qu’il en est responsable.
Il faut à Dieu un témoin, Ed (ayin – dalet) pour exister.
Dans la calligraphie de la première phrase du « Shéma Israël… », prière essentielle s’il en est, ces deux lettres Ayin et Dalet sont de grande taille et se détachent donc.
Le Ayin est la dernière lettre du mot Shema et le Dalet est la dernière lettre du mot sacré Erad, dernier mot de cette phrase, nom sacré de D. dont il est dit que le prononcer en mourant sauve l’homme.
Les deux mots qui encadrent le vaw au centre de la Torah sontDarosh et Darash, scruter et discerner.
L’importance de l’interprétation est ici indiquée, elle-même liée audiscernement et à la vision (12)toutes deux qualités du Féminin essentiel.
La vision permet de choisir, donc de décider (en effet, pour choisir, il faut voir clair au moins entre deux choses). La justesse des actes en découle.
Les grands maîtres de la Qabale tels que Rabbi Nahman de Braslav, le Baal Shem Tov, le Maguid de Mezerich autorisent à travers leurs récits et leurs contes, la verbalisation de la dimension tacite (13) de la connaissance qui est, par essence même, de l’ordre du Féminin, et donc difficile à verbaliser. Leur approche sollicite l’indicible, ce qui est utile quand la finalité est de transmettre.
« Tout ce qui est expliqué ne vaut pas la peine d’être dit », dit Lao Tseu, et Tchouang Tseu précise : « Celui qui parle a quelque chose à exprimer. Mais ce quelque chose n’est jamais entièrement déterminé par la parole « . Les deux « Tseu » (sages) s’expriment vers -370 av. JC…
Dans le même sens, René Char, grand poète contemporain, nous dit :« Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux ».
L’amour, l’amour de l’homme pour D., est lié à cette dimension dutacite qui appelle : il faut retrouver « la princesse perdue » (cf. le conte « La Princesse disparue » de Rabbi Nahman) mais l’homme qui la cherche se rendort pendant 70 ans, car il a 70 niveaux de conscience à intégrer pour arriver au royaume du Dôme d’Or où se trouve la princesse ; ou bien, dans un autre conte, le 13eme, le plus célèbre, intitulé « Les 7 mendiants », on voit la source se languir de la montagne et la montagne qui a soif de la source, mais dès qu’elles s’aperçoivent mutuellement, elles s’éloignent l’une l’autre. « Le cœur chante pour la source, la source chante pour le coeur » (conte « Les 7 mendiants », 4, Rabbi Nahman).
Car la force du Féminin qui couve dans l’utérus de Bina (Bina signifie justement, souvenons-nous-en, le discernement), comme nous l’avons vu plus haut, n’est pas fondée sur la proximité.
Presque, « au contraire » (encore que !), elle est animée par la nostalgie du Rien (Ayin écrit ici avec un aleph : le point d’en haut « qui est et qui n’est point »). Elle est le mouvement même de l’évolution de l’homme : ce mouvement est naturel, comme celui de la plante qui se tourne vers la lumière.

La force du Féminin, force du désir de l’homme pour D., désemprisonne la matière

Même contrariée, la dimension du Féminin Essentiel nous apparaît comme la force du désir de l’homme pour D. : elle désemprisonne la matièreElle a bouleversé la qabale.
Rappelons que la qabale, courant non rationaliste s’il en est, fruit d’une révélation (et non pas, souvenons-nous en, de recherches intellectuelles), prend de façon assez troublante, une place centrale en Europe vers le milieu du 16ème siècle. La vitalité de la qabale, que l’approche des sciences de l’époque avait étouffée, est alors décuplée au point que tout le judaïsme s’en trouve imprégné et influencé, à l’époque même du triomphe de la rationalité dans le monde non-juif (14). On assiste à partir de ce moment à une dissymétrie entre les mondes juif et non-juif.
La philosophie cherche aussi, à l’époque des « Lumières » à s’extraire, comme son nom l’indique, de ses dogmatismes propres, mais pour ce faire, elle se tourne vers la nature, tandis que les qabalistes, eux, se tournent vers l’Arbre des Sephiroth : il ne s’agit pas du monde physique, mais du monde symbolique. La qabale ne devrait pas être appelée « mystique juive ». C’est un savoir secret, qui demande à ne plus l’être (15). On peut être mystique sans être qabaliste et qabaliste sans être mystique.
La qabale perd son importance au milieu du 18ème siècle. Les qabalistes n’auront pas de successeurs en Europe de l’Ouest, mais en Europe de l’Est. On en finit avec l’idée d’une pensée révélée et la dissymétrie entre monde juif et non juif semble ainsi prendre fin. Aujourd’hui, on aurait tort de comparer la pensée qabaliste avec l’aspect fort, gagnant, de la raison scientifique.
L’homme moderne est rationaliste, mais il sera perdant s’il le demeure.
L’exil assombrit la connaissance. On a perdu la voie de la Recherche, on ne sait plus penser. Se réveiller du sommeil dogmatique, tel est l’enjeu. Ani Maamin(a). C’est un credo, un acte de foi.

As kol basar ! » Taisez-vous ! Zacharie (2-17)

Lorsque Jacob se sent près de mourir, il fait venir son fils Joseph et lui dit “J’aimerais que tu prennes mes restes et que tu m’enterres dans la caverne de Makhpela avec Abraham, Isaac, Léa, Rebecca, et il ajoute : j’ai besoin que tu saches que je te demande cela alors que je ne l’ai pas fait pour ta mère Rachel.
Tu pourrais peut-être croire que c’est parce qu’il pleuvait, c’était l’hiver, il y avait de la boue. Mais non, c’était le plein été, il faisait beau. Je ne l’ai même pas enterrée en Erets Israël, il y avait seulement encore 1, 2 km jusqu’à la frontière. Et moi je te demande de m’enterrer à Hebron ! Est-ce par négligence que je ne l’ai pas fait pour Rachel ?
Sache que c’est parce que D. me l’avait demandé… »
Rachel va être notre ambassadrice à tous.
Quand il y aura le rassemblement des exilés à la fin des temps, elle dira « Moi aussi je veux rentrer à la maison ». Et D. lui dira « Viens ! » « Je n’irai pas sans mes enfants » répondra-t-elle. Et D. l’écoutera.
C’est Rachel qui détient les clés de la fin de l’exil.
Elle est responsable de l’accomplissement de l’humanité dans le collectif. Jacob, avant de donner la vraie raison, l’ordre de D., élimine les raisons humaines qui auraient pu servir d’explications.
C’est le contraire que nous faisons tous sans arrêt. Et nous enfonçons un peu plus les étincelles de lumière au fond de leur prison de boue. Dans toute l’histoire, les gens n’entendent pas, ne voient pas, ne comptent pas avec D. Il n’y a rien à faire sauf une chose : « as kol basar ! “ “Taisez-vous !”
Je me suis toujours souvenue du tableau vu dans mon enfance « C’est Rachel qui pleure ses enfants… ». Aujourd’hui je sais qu’elle pleure parce qu’ils ne sont pas encore advenus ». Le Féminin est inconsolable ! Et Rachel veille…
Pour se consoler, il n’est que de lire la Torah. Partout D. y frappe à la porte. Il n’y a jamais eu autant de gens qui se rassemblent, des milliers de juifs sont désireux de Torah… C’est une époque unique, mais on est fatigué de l’histoire : elle a été très dure, alors on refuse d’y croire. On écoute le bruit du monde.
Il n’y a que la Emounah (16) qui sauve, ce que nous avons, en nous, planté en plein cœur, et qui vient de nos parents et grands parents… Et cela, ça provoque le bruit de Kol Dodi, la Voix du Bien Aimé qui se rapproche. Il va frapper de plus en plus fort.
Il n’y a rien de plus rationnel que la foi. Au début les sciences étaient uniquement un champ d’investigation. Aujourd’hui la science est relayée par les théories qui sont fondées sur les croyances. On pensequ’il faut aller dans telle direction, alors on continue dans ce sens.
La véritable finalité, construire le beith Hamiqdach, c’est bâtir le cœur de tous les juifs qui décident de se transporter là où D. les attend. Pour cela, point n’est besoin d’un billet d’avion. La Hagalout (17) finira quand les juifs l’auront décidé, quand ils auront trouvé la Neshamah, libéré les étincelles divines prisonnières des tessons et de la boue, désemprisonné la matière.
La fonction du Féminin, qui veille dans nos profondeurs,désemprisonner la matièrelibérer Isha, l’autre côté de nous-même,sera accomplie.
Un beau midrash raconte que quand D. nous a donné la Torah, tous les animaux se sont tus, les vagues se sont interrompues, le vent s’est arrêté…
« As kol basar ! »… Même les Malakhim (les Anges) se sont arrêtés.
« Anokhi Ashem ».
Dans le silence intersidéral retentit la Voix, forte et silencieuse à la fois : au-delà des différences sexuées, hommes et femmes écoutent, voient et se reconnaissent comme « créés à l’image de D., mâle et femelle il les créa » (Genèse 1-27).
Féminin et Shekhina se sont rejointes en nos cœurs, Rachel est consolée.
Rachel Cohen
30 Janvier 2006 – Bourgogne
1 « La kabbale » de Gershom Sholem (1974, Gallimard), pour n’en citer qu’une, proche de nous…
2 Validons ici le mot essentiel employé selon le sens donné par Saint-Exupéry : « L’essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu’avec le coeur »
3 Nous écrivons le mot « Féminin » avec un « F » majuscule pour le distinguer du mot employé dans son acception courante. Il s’agit ici du féminin essentiel, objet de notre étude.
4 Pourquoi 288 étincelles de lumière ?
Le nombre 288 tient une place importante dans la Qabale. il apparaît entre Hessed et Gevourah, quatrième et cinquième sephiroth. La quatrième sephira s’appelle en effet « Hessed » (reth – samer – dalet) (bonté-miséricorde) et elle a une valeur numérique de 72 (8+60+4). Hessed est la sephira de l’absolue bonté; dans ses « Portes de lumières », Joseph Gikatilla la définit ainsi : « … Hessed a bâti le monde… Lorsque le monde fut créé avec Hessed, D. partagea Hessed pour ses Créatures… » (Shaarei Orah – Porte 7 ).
Dans l’Arbre des Sephiroth, Hessed fait directement face à Gevourah, son contre-poids, attribut de la rigueur et cinquième Sephira. Sa valeur numérique (guimel – veit – vaw – reich – hé) est égale à 216 (3+2+6+200+5). La sephira Guevourah exprime la Rigueur et la Force. Joseph Gikatilla la décrit ainsi « … Tribunal céleste, Gevourah… s’appelle ainsi en raison de sa puissance… » (Shaarei Orah – Porte 6).
L’union de Hessed et Gevourah introduit le nombre 288 (72 + 216). Ce nombre apparaît dans le premier livre des Chroniques (25-7). « Ils s’élevaient au nombre de 288, en comptant avec eux leurs frères exercés au Cantique du Seigneur, tous ceux qui étaient passés maîtres… » Il s’agit de David qui assigna les places et rôles dans le service du culte.
Il est aussi intéressant de remarquer que l’architecture du corps humain se compose de 288 éléments.
5 Qui implique la force – nous y reviendrons…
6 je pense que c’est le tableau de Nicolas Poussin, intitulé « Le Massacre des Innocents » (Il s’agit de l’illustration de Jérémie 31-15 « Ainsi parla le Seigneur : une voix retentit dans Rama, une voix … d’amers sanglots. C’est Rachel qui pleure ses enfants… »
7 « Isha, dictionnaire des femmes et du judaïsme » (2001 – Calmann-Levy) cf. pp. 15-16.
8 tacite signifie, dans le domaine de la transmission de la connaissance, su par le corps mais difficile à verbaliser
9 Rabbi Nahman de Bratslav (1772-1810), arrière-petit-fils du fameux Baal Shem Tov, est l’un des plus éminents Maîtres du Hassidisme.
10 L’amour, en hébreu, se dit « ahava », mot qui s’écrit aleph, hé, bet, hé, dont la valeur numérique est 13. Est-ce pour cela que le nombre 13 est un nombre porte-bonheur ?
11 ceci explique un des nom de D. : le Iieu (makom)
12 Cf. plus haut, page 9, nous avons situé l’audace comme qualité du féminin qui implique la vision des étapes du chemin à parcourir.
13 sur le sens de ce mot, voir note 5
14 cf. à ce sujet l’analyse d’Alessandro Guetta, professeur de philosophie juive à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales).
15 Tandis que le mystique fait l’expérience personnelle de D.
16 la foi
17 l’exil
www.daat.fr : le site de Rachel Cohen
Copyright © 2014 ELISHEAN au Féminin.

La terre vue d’Apollo 17, image de la NASA.
La séphira Malkhuth

« ouvre mes lèvres, ma bouche rapportera ta louange » (Ps. 51, 17).
Malkhuth est la dixième Sephirah placée sur le Pilier du Milieu. Malkhuth est la terre, le monde physique, la corporalité, la matière.
Malkhuth représente la dernière étape de la Création et le dernier niveau des Sephiroth et des Mondes.
En Malkhuth, tous les mondes supérieurs se mêlent en une union et une harmonie parfaite.
Malkhuth complète le remplissage du vide et comme telle, elle est la plus éloignée de la lumière de Dieu, de l’Ain Sof.
Et cependant, Malkhuth est importante au sein des Sephiroth car elle représente l’ultime bijou de la Création.
Afin de créer l’univers, Dieu se contracta et c’est la contraction de Son essence en un point unique qui représente Sa volonté de Création. Ce point est le point d’origine de la contraction de la Lumière Divine dont émane la Création et Malkhuth est, en ce sens, le point de contraction originelle de Dieu.
Ainsi, Malkhuth est la dernière étape de la Création et, en même temps, son point d’origine. D’où la fameuse maxime kabbalistique « Kether est en Malkhuth et Malkhuth est en Kether ».
De tous les mondes, seule Malkhuth est matérielle et corporelle, tous les autres royaumes sont immatériels.
En Malkhuth, cependant, les opposés peuvent être unis les uns avec les autres. Ces opposés peuvent s’exposer l’un à l’autre afin de communiquer. Le potentiel de cette communication est dans l’Unité qu’elle sous-tend, Eh’ad : Unité, déjà présente en Kether et Hokhmah mais que seule Malkhuth réalise au niveau de la Création.
Malkhuth est la somme de toutes les influences des autres Sephiroth, elle représente un « héritage » qui nous montre le chemin de l’élévation et de nos aspirations. C’est en elle que nous sont offerts les outils – vocabulaires, images, concepts, idées – qui nous permettent d’élaborer notre élévation dans les mondes supérieurs.
Malkhuth est le lieu de résidence de la Shekhinah, la Présence Divine mystérieuse, la Fiancée de Dieu ou Fille du Roi.
Et le Zohar la mentionne parfois comme étant la Matrona : (Reine du Shabbath, du Samedi et de Saturne), figue féminine du Metatron.
Parfois elle reçoit aussi le nom d’Adonaï, Seigneur (Zohar I, 107a et II, 22b) car cette Sephirah participe à la nature de l’Un suprême de Dieu. Afin d’éviter toute confusion qui veut que l’on substitue Adonaï au Tétragramme, le nom divin complet associé à Malkhuth est Adonaï ha-Aretz,Seigneur de la Terre. L’autre Nom est Adonaï Melekh, Seigneur Roi, et l’on comprend mieux pourquoi Malkhuth est « le Royaume ».
L’arc en ciel est associé à Malkhuth ainsi qu’à la Shekhinah et comme l’affirme le Zohar (I, 71b), l’arc-en-ciel n’est pas seulement le signe du pacte établi entre Dieu et l’homme, mais c’est également l’apparence lumineuse par laquelle se manifeste la Présence Divine.
« La lumière environnante ressemblait à celle de l’arc-en-ciel qui resplendit en un jour de pluie » Zohar sur Ezéchiel I, 28.
En Malkhuth, nous sommes au début du chemin qui commence par la Porte de Yessod.
Emprunter le Sentier qui va de Malkhuth à Yessod est donc la première étape vers l’élévation dans les mondes supérieurs. C’est là le 32e sentier, le Sentier de Saturne qui est la planète de la discipline et de la récompense. Entreprendre le voyage demande à l’étudiant de dépasser les fantasmes du monde inférieur, les fantasmes sexuels, matériels, humains et leurs cohortes de doutes et d’illusions.
Malkhuth est la potentialité de toutes les énergies de la Création, mais une potentialité qui au niveau humain est limitée par la mort. Et cette limite nous est bien signifiée par le Tav ת, ou tavah, « limite ».
Dans le Tomer Devorah (p. 116), Cordovero nous dit de Malkhuth :
« La Sephirah dominante est alors la Nuit, qui est la mesure du Règne (Malkhuth) » et c’est la nuit que l’homme doit œuvrer au Tikkun et se lier à Malkhuth afin d’en réaliser l’accomplissement. L’homme se lèvera à minuit, se lavera les mains de la coquille (klippa) qui domine en elle, il dira la bénédiction (netilat yadaïm) et se parera de la Shekhinah en s’adonnant à la Torah. La nuit, le moment du sommeil de l’homme est le temps de la Mort, car le sommeil ressemble à la mort, et l’homme par la pratique de la prière (voir notre article sur la prière juive) se protège des influences de l’Arbre de Mort. Et l’Arbre de Mort est Malkhuth en tant qu’elle est séparée de Tiphereth, pendant la nuit où le soleil a disparu. Voir à ce sujet Zohar I, 35b : « Mais comme cet arbre (de la connaissance du bien et du mal) est l’arbre de la mort, celui qui en prend isolément meurt, car c’est le poison de mort qu’il aura pris ».
« Au cours de la première ascension amoureuse, l’âme défaille. C’est pour son bien. Il est justement question de cela dans les paroles de l’Épouse : « Ah, filles de Jérusalem, je vous conjure : si vous rencontrez mon bien-aimé dites-lui que je suis malade d’amour » (Cantique des cantiques 5, 8) », Jean de la Croix, Noche Obscura.

Et il est visible que l’identité de l’Épouse et de Malkhuth comme nous l’avons vu par ailleurs est une des clés de l’ascension de l’âme vers la Source. Union de l’homme et de la Shekhinah afin d’unir la Shekhinah à l’Un.

Extrait de Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, 11 Adar 5765-30 Kislev 5769. – http://www.kabbale.eu

Partager pour Eléver les consciences à condition d'en respecter l'intégralité et de citer la source: http://la-source-des-sagesses.blogspot.fr


Vous appréciez ce site et voulez soutenir mon travail ?
Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un Don libre par PayPal, ....
Avec toute ma gratitude



les coups de coeur

Maître

de Sagesse

Auteur Un-connu

Si tu te contentes de boire l'eau de mon puits, demain tu mourras de soif, soit parce que j'ai fermé la porte, soit parce que je suis en voyage.

Si tu veux étancher ta soif, creuse ton terrain et tu trouveras la source car elle est en toi.

Creuse ton puits, ainsi tu auras toujours de l’eau partout où tu iras.

Le puits est en toi,

la source est en toi.

Cherche et tu trouveras le trésor qui t’enrichira.

N’oublie jamais que celui qui compte sur la richesse d’autrui est semblable à celui qui fait un beau rêve dans lequel il reçoit beaucoup d’argent, et qui constate au réveil que sa poche est vide. Le bien des autres est pour nous comme la fortune d’un rêve.

Cherche en toi et tu trouveras.


CRÉER DE LA LUMIÈRE À PARTIR DE RIEN

A sa manière, Raymond Devos avait eu l’intuition de la nature ambiguë du vide, en expliquant dans un sketch que « rien … ce n’est pas rien. La preuve c’est qu’on peut le soustraire. Exemple : Rien moins rien = moins que rien ! Si l’on peut trouver moins que rien c’est que rien vaut déjà quelque chose ! On peut acheter quelque chose avec rien ! En le multipliant. Une fois rien … c’est rien. Deux fois rien… c’est pas beaucoup ! Mais trois fois...


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

LE POINT ZERO ET CHAMP AKASHIQUE

Le champs de Cohérence akashique Les mystiques et les sages nous informent depuis longtemps qu’il existe un champ cosmique reliant tout à tout au plus profond de la réalité, un champ qui conserve et transmet l’information, connu sous le nom de «champ akashique». De récentes découvertes en physique quantique indiquent: celui-ci est réel et il a son équivalent dans le champ du point zéro qui sous-tend l’espace comme


----------------------------------------------------------------------------------------------------------


LES CHAMPS DE TORSION PRODUIT PAR LA CONSCIENCE EST LA CLÉ DE LA « THÉORIE DU TOUT »

Les champs de torsion, la clé de la « Théorie du Tout » incluant la conscience On attribue généralement la première recherche concernant la découverte du « champ de torsion » appellée aussi « 5ème force ou élement », au russe le Pr Mychkine dans les années 1800. C’est un collègue d’Einstein, le Dr Eli Cartan qui a le premier appelé cette force champ de « torsion »

------------------------------------------------------------------------------------------------------


LA LUMIÈRE D APRÈS L'ARBRE SÉPHIROTIQUE

D’après la tradition Kabbalistique, la lumière est née dans Ain Soph Aur (Lumière illimitée), qui lui-même est né dans Ain Soph (L’infini), qui lui-même est né dans Ain (Vide absolu). Cette lumière illimitée se manifeste comme une étincelle...


-------------------------------------------------------------------------



LA MEDECINE LUMIERE -1

La Médecine Lumière Commençons par quelques définitions: Qu'est ce qu'est la médecine: La médecine de type occidentale est la science et la pratique étudiant l'organisation du corps humain (physique, qq fois psychologique), son fonctionnement normal, et cherchant à le restaurer la santé par le traitement,.


-------------------------------------------------------------------------

LE LIVRE DE NOE OU LA MEDECINE INDIENNE

Originaire de l'Inde, la médecine Indienne, ou médecine orientale, est un système médical complet et cohérent, tout comme le sont la médecine occidentale ou la Médecine traditionnelle chinoise, par exemple. Il est considéré comme le plus ancien système médical de l'histoire humaine. La tradition indienne fait remonter ses débuts à 5 000 ans, même 10 000 ans. Toutefois, les écrits sur lesquels repose ce savoir médical..

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

LA TRADITION PRIMORDIALE -2

Tradition Primordiale et Torah de Sion : Aux source de la Kabbale Originelle. Mission d’un Peuple Élu pour la réaliser Les premières questions que nous poserons dans cet exposé, sont les suivantes: Y a-t-il véritablement une Mission d’Israël parmi les Nations ? La réponse est catégoriquement: Oui! Et elle ait été préfigurée par le Patriarche Abraham, ancêtre du peuple d’Israël, et des Juifs, à qui Dieu promis la Terre d’Israël en Héritage...
---------------------------------------------------------------------------------------------------------

L ÂME HUMAINE, SELON LA PHYSIQUE QUANTIQUE

Boris Iskakov est né le 14 novembre 1934 à Magnitogorsk. En 1957, il a achevé ses études à l’Institut de techniques physiques de Moscou. Auteur de la théorie des réactions en chaîne dans l’économie, il a consacré une série d’ouvrages à l’application des méthodes mathématiques en agriculture. Docteur en économie, Boris Iskakov étudie depuis quelques années les méthodes statistiques et quantiques servant à modéliser les processus qui s’opèrent...
-------------------------------------------------------------------------------------------------------


LE CORPS RÉCEPTEUR DE VIBRATION ELECTROMAGNÉTIQUE

La médecine occidentale est une médecine symptomatique, qui s’intéresse plus aux conséquences qu’aux causes. L’approche réductionniste de la médecine occidentale Les médecins aujourd’hui sont éduqués pour répondre de façon chimique à une extraordinaire diversité de symptômes, dont la plupart procèdent de mécanismes ...




LE TEMPS QUANTIQUE DANS LA KABBALE 2

Lumière Sans Fin (Ohr Ein Sof) et Récipient Primordial : la Vraie Réalité La réalité du 1% Toute cette réalité où, souvent, vous avez l’ impression de marcher sur une route qui ne conduit vers nulle part, où vous faites l’expérience de l’exil intérieur, de la relativité de tout, du manque de points de référence absolus, la Kabbale l’appelle la réalité du 1%. C’est une réalité où justement existent le temps, l’espace, le mouvement, ce qui...

--------------------------------------------------------------------------------------------------------

LUNE DE SANG, LA FIN ET LE DÉBUT DE NOUVEAU TEMPS

Lune de sang Le livre de la Genèse dit que DIEU utilise le soleil, la lune et les étoiles pour des signes et les saisons. De tels exemples peuvent être trouvés dans la Bible, d ailleurs le calendriers juifs et basé à la fois sur le calendrier solaire et lunaire. Or il va apparaitre ces années des Eclipses 2014 et 2015, pendant les fêtes juives appelées les Tetrades, au cours desquelles, à chaque fois, il s’est passé un évènement...

------------------------------------------------------------------------------------------------------

À la différence de l’espace, le temps est une dimension incontrôlable. Qu’on le veuille ou non, la flèche du temps semble dirigée invariablement vers le futur. « Nous ne nous baignons jamais deux fois dans le même fleuve », précisait Héraclite. Plus de deux millénaires se sont cependant écoulés depuis cette affirmation du philosophe grec. Aujourd’hui, à l’heure de la science atomique et de la conquête spatiale, notre regard sur le cosmos...