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mercredi 20 avril 2016

Les 138 Portes de Sagesse 3 - Rabbi Haim Luzzatto - Ramhal

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 3

Retranscriptions d'un cours audio du Rav Mordékhai Chriqui Chlita
Après que nous avons vu les portes une et deux et l'unité d'avant et du milieu, le Ramh'al veut parler de l'unité de la fin, du but de la création. Il n'y a pas de différence entre le début et la fin. Cependant ce qui amène les créatures à la fin, bien que cela peut nous paraître dérangeant à cause de la conduite intermédiaire est qu'il révèle le mal et donc un changement à priori dans l'unité divine de l'avant et de l'après.
Le but ultime de la création est de prodiguer le bien selon le bien parfait. D-ieu est le bien parfait, l'extrême perfection. On peut le définir comme étant le bien même si nous n'avons pas le droit de le définir. Uniquement par la négation nous pouvons le définir pourtant dans la notion de bien, on peut le définir d'une manière positive.
Lorsque D-ieu fait le bien, ce n'est pas pour lui qu'il le fait. En général, un homme lorsqu'il fait le bien, c'est pour lui qu'il le fait mais pas D-ieu. Car le bien que prodigue D-ieu est un bien désintéressé. Lorsque de l'eau coule d'un verre, il y a deux raisons: soit parce qu'il y a un trou soit c'est parce que cela déborde. Chez D-ieu c'est parce que cela déborde. Chez l'homme c'est parce qu'il y a une lacune et donc il veut compléter cette lacune, le bien est pour lui sa manière de remplir ce manque, la pauvreté est une lacune, la maladie est une lacune. Tout cela est dans la dualité, le bien et le mal, une chose et son contraire.
Le bien parfait ne procède pas du manque. Le bien de l'homme est toujours un bien relatif car ce bien est engendré par une situation. Pourquoi l'homme prie? Pourquoi l'homme donne? Pourquoi l'homme fait? Pourquoi un homme construit une maison? Car il ne veut pas être dans la rue. Pourquoi D-ieu a voulu créer la création? D-ieu ne manque de rien, il n'a besoin de rien. Tout ce qui motive un homme est la lacune, le mouvement de l'homme est la lacune, ce qui va provoquer la dynamique est le manque. Mais D-ieu n'a pas de lacune, alors qu'est-ce qui motive son acte, qu'est-ce qui va provoquer son action?
D'après le Rambam, il est impossible de parler du but de la création. Nous pouvons expliquer le but par rapport à l'homme mais non par rapport à lui. On ne peut dire plus que: ''D-ieu veut faire du bien à l'homme''. Par rapport à l'homme, il y a un but mais par rapport à D-ieu, il n'y a pas de but car il est sans fin. Seul celui qui a une fin, a un but. Et ainsi est appelé D-ieu: '' le sans fin et sans but''. Pourtant il y a le Tsimtsoum ( retraction de la Lumière Originelle), donc, il s'est fait un but! Par le Tsimtsoum, il y a une révélation.
D'après le Ari Zal, il n'y a pas de but sans le Tsimtsoum mais d'après le Ramh'al, il y a un but sans le Tsimtsoum, en amont du Tsimtsoum. Il est difficile de comprendre d'après le Ramh'al que dans l'unité, il y a le but. Mais ce n'est pas uniquement dans le tsimtsoum qu'il y a le réchimou et les Séphirot et les mondes et donc le but. Il y a quelque chose avant le tsimtsoum dans l'infini lui-même mais ici, dans cette porte, il est difficile d'en parler. Cette bonté divine étant une sorte de débordement qui va vers un but à lui qui n'est pas produit par une lacune.
Pour cela, le Ramh'al dit que la fin du monde, son but est d'atteindre l'infini c'est-à-dire la perfection. Mais si D-ieu avait un but précis et défini dans la limite, le monde ne pourrait jamais atteindre l'illimité. Il ne serait jamais illimité et il n'y aurait pas de possibilité au monde futur. Et s'il y a un monde futur c'est-à-dire l'infini, c'est que depuis le début, le désir de la création est infini. Le Ari Zal n'a pas parlé du but dans l'unité seul le Ramh'al le fait. D-ieu n'a pas besoin de ses créatures cependant il les crée pour leur octroyer le bien. Mais d'où procède ce bien puisqu'il est sans but? Son bien ne procède pas du manque puisqu'il est sans manque. C'est le bien qui engendre le bien. L'acte ne procédant pas du manque. Sa volonté étant le bien extrême. Le bien dans son essence est de faire le bien dans son extrême perfection.
Ici le Ramh'al introduit l'unité finale. Son désir est uniquement d'octroyer le bien parfait. Le salaire et la punition sont les motivations de l'homme pour faire le bien, combler des lacunes. Si l'homme n'était pas manquant, il n'y aurait pas de recherche du bien. Tout le principe de la création est la Noukva, le pouvoir féminin qui représente toute la réalité du monde qui est née en arrière c'est-à-dire sans se voir.
La nature ne perçoit pas D-ieu car il y a une grande force qui empêche cette perception et donc elle ne saisit jamais D-ieu. Elle est dans le ''dos'' de la présence. Il y a comme une absence chez elle et il faut qu'elle se sépare pour qu'il y ai un retour de face à face. Et c'est cela qui engendre le service d'après le Ramh'al, la relation avec D-ieu avec amour.
Le Ramh'al explique la différence entre les âmes d'avant leur descente dans un corps et après. Avant leur venue dans ce monde, elles sont comme des anges. Les anges aiment-ils D-ieu? Non ils ne peuvent que le craindre. Ils ressentent D-ieu qu'avec la crainte, ils ne le servent qu'avec crainte. Mais l'âme qui est descendue très bas, ne perçoit plus D-ieu et le recherche tout le temps qu'il est dans le corps.
L'ange est soumis à la domination de l'unité divine, il n'a aucune sensation de volonté individuelle alors que l'âme dans le corps a la sensation d'avoir sa propre volonté. Mais s'il prend conscience par la Téchouva (acte de se retourner, regret pour les repentant), il peut atteindre ce que l'on appelle la recherche donc l'amour et la joie de retrouver sa présence ce qu'un ange ne peut atteindre et tout ceci du fait de sa situation dans ce corps où la face de D-ieu est cachée. C'est la situation de la séparation ''dos à dos'' et c'est cela le bien, c'est la possibilité de dévoiler un amour qui est enfoui en lui. Et par cela, l'homme va atteindre le bien parfait par cette dissimulation de la présence divine grâce au travail et au libre-arbitre.
Qu'est-ce que la fin de tout? C'est le retour du mal au bien où il y a le dévoilement de l'unité.

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Les 138 portes de la Sagesse 2 - Rabbi Haim Luzzatto - Ramhal

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 2

Retranscription d'un cours audio du Rav Mordékhai Chriqui Chlita
Les quatre premiers chapitres nous expliquent en fait l'Unité et la Souveraineté divine que l'on appelle la ''Volonté'' divine.
La première définition de la volonté que nous avons vue est que Seule sa volonté existe. Toute autre volonté, non seulement est la conséquence de la première volonté mais en vérité, on ne peut même pas leur donner le titre de ''volonté'' car il n'est pas possible que deux volontés puissent coexister en même temps. Il n'y a donc qu'une seule volonté qui est souveraine, celle de celui qui est l'infini.
Nous allons maintenant définir dans cette porte la nature de cette volonté. Sa définition étant le ''bien'' et tout ce qui apparemment est mauvais, donc le contraire du bien, ne peut sortir d'une autre autorité, d'un autre pouvoir et se dresser contre lui. Sa fin révélera en vérité sa véritable nature qui est le bien et donc n'est en fait engendrée que de sa seule et unique volonté.
Nous découvrirons alors qu'il n'y a qu'une volonté, qu'une seule réalité qu'une seule existence.
Nous avons déjà expliqué qu'il y a trois sortes d'unité. L'unité primordiale d'avant la création qui est l'infini avant le Tsimtsoum, avant l'espace primordial, et il y a à la fin, l'unité finale. Mais entre ces deux unités, il y a l'unité du milieu, des six mille ans, le moment où il y a une dissimulation, où une place est faite à la création et donc au mal aussi, que l'on appelle le contraire de sa volonté.
Mais de quelle volonté parle-t-on ? Si je dis que sa volonté c'est le bien, il y a alors la possibilité de faire le contraire du bien, donc, au milieu, il y a la possibilité au mal de se matérialiser et uniquement au milieu. Nous allons essayer de comprendre comment, même avec le mal, il y a sa souveraineté. Dans notre logique, nous ne comprenons une chose que par son contraire. Si le premier homme avait suivi la voie de l'arbre de la vie, la voie de l'éternité, il n'aurait pas eu besoin de cette confrontation avec la dualité. Mais à partir du moment où l'homme veut avoir une volonté propre, un désir, il ne peut plus comprendre la vie sans la mort. S'il avait annihilé ce désir, automatiquement, il vivrait D-ieu au niveau de l'unité, où il n'y a pas besoin de son contraire pour saisir une vérité. Mais puisqu'il émet un désir, il est en contradiction avec D-ieu et donc, il faut qu'il s'annule devant D-ieu, il doit mourir pour atteindre le monde futur qui est cette adhésion avec D-ieu. Le premier homme n'avait pas besoin de la mort à priori et de passer par le contraire de la vie pour percevoir les choses.
Puisque la volonté divine n'est que le bien, seul le bien ne peut se réaliser. Mais comment cela peut-il se faire voyant qu'il y a le mal. En fait, le mal n'est qu'à priori, il n'est qu'au début car il n'existe que tout le temps que l'on n'a pas atteint la perfection. Toute étape avant la perfection s'appelle le mal. Même si on tombe, on se relève. La création, c'est-à-dire la séparation est elle-même le mal. Dès que l'enfant naît et se sépare de sa mère, le mauvais penchant se réalise en lui. Et donc, même la création dès qu'elle sort, le mal apparaît. On parle du mal ontologique, le mal dans son début. Le bien, en fait, est son contraire, c'est le retour à l'unité. Les six jours de la semaine étant la séparation de D-ieu et le Shabbat est le retour à
D-ieu. Il y a création et donc obligatoirement, il y a le mal et maintenant il y a le Shabbat qui est la réparation de ce mal. Si le monde avait fait son Shabbat, même si précédé par les six jours, il aurait atteint l'union, la proximité et la réalité de l'unique. Mais tant qu'il n'y a pas ce retour, il n'y a donc pas de réparation. C'est le Shabbat qui va faire le Tikoun. Le mal est nécessaire pour la création mais pas pour rester. Le mal est nécessaire pour le début.


Explication:
Nous avons déjà évoqué cette idée : supposons que la volonté suprême désire d'autres volontés qui peuvent aller contre sa propre volonté et donc cela n'irait pas contre sa volonté puisqu'il le désire. C'est une idée philosophique qui vient du fait que l'on puisse croire à l'unité divine mais pas à sa souveraineté. Cette théorie veut mettre en exergue que D-ieu permettrait le mal pour révéler le salaire et la punition dans le monde.
Mais puisque maintenant on définit la volonté divine comme le bien, il est impossible de dire qu'il soit possible de faire le contraire du bien, que des volontés fassent le contraire de sa volonté et que cela soit dans n'importe quel mode que l'on veut. En d'autres termes, je ne défini pas sa volonté mais je la contredis. Du fait que nous avons déjà défini que sa volonté est le bien, toute autre volonté qui ne va pas dans ce sens, s'oppose à celle-ci. Si nous n'avions pas défini ce qu'était sa volonté, alors nous aurions pu accepter de dire qu'il permette des volontés qui s'opposent à lui car puisqu'il le veut, cela n'est pas contre sa volonté. Pour cette raison, le Rambam a refusé de dévoiler le but de la création, car pour lui, il n'y en a pas du fait que D-ieu est sans fin et donc sans but, car sa volonté est au-delà de l'esprit et de ce que nous pouvons percevoir. Mais si nous disons comme le Ramh'al qu'il y a un but même si lui-même est sans but, mais qu'il veut un but, (le but du monde est de faire le bien à ses créatures) ; s'il y a un but ultime, alors il y a un sens à l'existence. Entre deux points, il ne peut passer qu'une seule ligne. Et donc, il faut dire que D-ieu a retiré la possibilité à d'autres volontés différentes de la sienne. Il ne veut que le bien.
Et donc que se passe t-il dans la conduite intermédiaire des six milles ans ?
Si tu veux dire que le bien est de faire le bien aux justes et que le mécréant n'aura que ce qu'il mérite, pourtant le prophète dit : '' je prendrais en miséricorde toute créature même si elle ne le mérite pas'' ou bien ''il n'y aura plus de faute en Israël''! Nous voyons que D-ieu veut faire le bien même aux mécréants. Mais peut-être que ce bien ne se dévoile qu'à la fin, après le purgatoire ? Cette période des six mille ans serait donc une période catastrophique, période où le mal aurait un pouvoir réel. D'une manière simple, cette période est la période du salaire et de la punition. Cette vision est divisée en douze Partsoufim, visages, d'après la Kabbala. Il y a douze modes. Il y a en a quatre essentiellement, le nom de quatre lettres ''י.ה.ו.ה'' un cinquième pour la pointe du ''י'', cinq modes, cinq Partsoufim, cinq manières, mais en vérité, il y a douze Partsoufim dans le char céleste. Et donc de multiples conduites qu'il faut arriver à comprendre et entre autre, il y a le principe du salaire et de la punition. Mais toutes ces conduites ont un même but, la réparation finale. Chacun peut choisir sa manière d'arriver au but mais ce n'est qu'un mode parmi tant d'autres. On parle de formes dans le char qui sont des caractères et des modes de pensée. En fait, il s'agit de purifier les mécréants, de les réparer.
Que se passe-t-il au milieu du chemin qui ne peut être en opposition avec le but final ? Toutes les parties de ce milieu doivent converger vers cette fin. La fin de tout est dans chaque homme, qu'il soit juste ou mécréant, c'est-à-dire leur octroyer un bien. Il y a donc un bien pour tous, car sa volonté n'est que bonté. Le problème est en nous : comment interpréter tous les événements qui vont s'intercaler pour arriver au but final ?
Maintenant que nous savons que la volonté est uniquement de faire le bien, chaque événement, chaque volonté particulière n'est que le bien. Lorsque les actions sont en mouvement, dynamiques, il ne faut pas qu'elles soient régies par le hasard mais tournées vers une intention, une conscience. Chaque action doit être ressentie et pensée, le moindre petit geste doit être en adéquation avec sa conscience. Ainsi le mal ne peut apparaître.
Effectivement le mal existe tant que nous sommes imparfaits et que nous sommes dans le cheminement. Tant que l'homme est dans l'interprétation du moment, il ne verra que le mal. Tant que l'union ne se fait pas, la forme finale ne peut apparaître, elle est déformée, c'est le Tohou. (Le problème est que nous sommes attirés par ce Tohou et nous voulons qu'il soit notre finalité car en fait c'est la finalité du Kéli qui veut dominer seul).
Le premier homme ne voulait pas de l'éternité de suite, par sa faute, il voulait rallonger son temps dans ce monde. Et cette situation est catastrophique car rien n'est jamais terminé et donc cela ne peut être bien. Rabbi Akiba voyait et concevait réellement la fin même au milieu. C’est une véritable conception. Il faut savoir que chaque événement s'insinue dans un plan et que chaque chose peut se percevoir si l'on enlève ce désir de posséder comme une providence divine extraordinaire. Nous voulons posséder les choses, les dominer car nous ne savons pas qu'elles s'insèrent dans un plan divin. Mais si nous savons que ce n'est qu'un morceau d'un puzzle, alors, nous ne voudrions plus le posséder en tant que tel mais dans un plan général. Et donc, tout ce qui se passe n'est pas assujetti au hasard. Mais si la fin nous échappe, alors chaque événement est indépendant de l'autre et sujet au mal car imparfait. Mais de toutes les façons, le mal n'est pas éternel, il doit obligatoirement tomber. Le mal n'est qu'une expression de la Sitra Ah'ara que D-ieu a créé mais qui apparaît réel jusqu'à ce qu'il donne l'impression de dominer tout le monde entier. Le Ramh'al veut nous expliquer que le mal est au service de l'unité en vérité. Le mal ne relève que de l'imperfection et ne peut exister que dans l'imperfection.
Ce mal d'avant la fin reflète quelque chose qui est à priori contre sa volonté dans cette situation de temporalité et donc il est impossible qu'il soit éternel car le mal, en fait, est relatif aux différents individus et donc, il n'est pas absolu et éternel. Le mal ne peut s'expliquer que d'une manière individuelle et non d'une manière universelle. Le Roi David a dit : '' les voies de D-ieu sont vérité mais on va les percevoir que lorsqu'elles sont unies''. Le mal commence dans la pluralité et donc dans l'individualisme mais dans l'universalité, cette situation ne peut exister.
Et même au niveau de l'individu, le mal est une existence qui procède d'une déficience, d'une lacune, d'une dissimulation et d'un manque. Le mal n'est que relatif. Un homme étant très riche qui perd toute sa fortune va énormément souffrir de ce manque alors que celui qui est pauvre mais qui a toujours été dans cette situation ne souffrira pas ce que l'ancien riche souffre, car pour lui, il n'y a pas de manque. Le manque n'apparaît uniquement lorsque l'on veut posséder. Si nous nous comportons dans ce monde comme étant des emprunteurs et non des propriétaires, le mal n'apparaîtrait pas. Ce monde n'est pas notre propriété, il ne nous appartient pas en aucune manière, il n'est pas notre monde. Le mal ne vient que par cet attachement que je ressens tout au long de ma vie. Et même la vie ne m'appartient pas.
Le mal n'est que la conséquence du manque. Alors que le bien est une réelle existence et n'est pas la conséquence d'un manque.
La fin et le but de sa volonté existe dans chaque étape, dans chaque événement et le bien est la fin de toute chose pour chaque individu et même pour le mécréant. Car si le bien est le but, il se trouve dans toutes les parties du cycle et je dois le voir dans tous les méandres de ce cycle. Et c'est cela qui déclenche le mouvement. C'est le bien qui doit être le déclencheur du mal. Celui-ci ne doit être qu'en apparence comme un père qui montre un visage dur devant son fils mais tout ce mouvement doit être déclenché par l'amour qu'il a pour son fils. La forme peut être interprétée comme mauvaise mais en vérité le fond n'est que bonté dans chaque détail de son action. Ainsi en est-il de D-ieu avec nous.
Si la fin est différente de ce qu'il s'est passé au début, donc ce n'est pas le même genre mais puisque nous savons que le début est bien et aussi la fin, alors il ne devrait pas y avoir d'interférences entre le début et la fin. Mais nous voyons que le milieu n'est pas comme le début et la fin et donc n'est pas du même genre, comment cela se fait-il qu'il existe puisqu'il est différent de ce qu'il va être à la fin ? À quoi sert-il ?
Le Ramh'al va nous donner une réponse pour nous calmer mais ce n'est pas une réponse définitive. Car il est impossible d'arriver à la fin sans cette perception du mal. Et s'il aurait été possible d'y arriver sans cela, il n'y aurait pas eu besoin de passer par ce chemin.
D-ieu va selon l'homme. En prenant cette voie relative, D-ieu va avec lui. Et si l'homme avait une autre voie, alors D-ieu se comporterait autrement avec lui. En vérité, le mal n'est là qu’à fortiori, il n'est pas là à priori. Le mal ici, est perçu comme un intermédiaire, un moyen pour arriver au bien. Nous comprenons de tout ceci que la punition est mauvaise. Nous sommes au niveau des Moh'in de Katnout, dans Zéïr Anpin, dans une situation où le plan final n'est pas révélé. Tant que nous sommes à l'extérieur, le mal sera là. Dès sa création, l'homme a le mal en lui. Il faut être avec D-ieu pour ne pas être avec le mal. Il n'y a que la proximité divine qui peut nous faire sortir de cette situation. Mais à partir du moment où nous sommes des créatures, ''JE suis'', c'est terminé. Il n'y a plus d'autres possibilités. Le mal est une nécessité de la création afin d'arriver au but final. Car apparemment, D-ieu ne veut pas de la punition et elle doit se transformer car D-ieu n'en veut pas car il ne veut que le bien. Et même maintenant, il ne veut pas que nous souffrions et il doit donc changer à la fin. Puisque la volonté suprême veut que tous les individus vivent le bien, donc son intention est que dans l'ensemble de tout le monde, il n'y ait que le bien.
Toute sa domination est la domination du bien mais si le moyen pour atteindre ce bien est un mal, cela n'est rien, car à la fin, le bien parfait va se réaliser dans toutes les créatures et dans tous les détails. Et si ce qui précède est mal interprété, ce n'est pas important.
Si le mal existe alors, quelle est sa source ? Si nous ne prenons pas en considération la cause, l'origine, cette réponse est bonne mais si nous voulons aller plus loin et trouver l'origine de ce mal, cette réponse est inexacte car tout ce qui est à priori mauvais, ne peut sortir d'une autre autorité, d'une autre source pour se tenir contre sa volonté. Il est vrai que dans le monde de la séparation et des individus, il y a le mal.
Nous devons retirer maintenant l'idée du premier homme qu'il y a deux pouvoirs, deux sources, le mal et le bien. Cela est le déni de l'unité de D-ieu. C'est l'idolâtrie.
Comment pouvons-nous considérer deux autorités ? Car comment comprendre que D-ieu puisse créer le mal ? Comme nous voyons que déjà, il y avait quelque chose contre le premier homme puisque D-ieu lui interdit de manger du fruit de l'arbre de la connaissance. Il n'a pas pu intégrer le mal dans l'unité. Même s'il y a des événements contradictoires et catastrophiques, nous savons que cela ne provient que de D-ieu et aucune volonté ne peut empêcher sa volonté de se réaliser même si ces volontés procèdent de lui.
Ce que l'on considère et que l'on voit maintenant apparemment contraire à sa volonté, comme le meurtre, on veut automatiquement le relier au Satan et ne pas l'attribuer à sa volonté. Mais cela est impossible qu'il en soit ainsi. Le mal ne peut subsister et se réaliser mais à notre niveau, ce n'est que rétroactivement que nous comprenons que ce qui s'est passé n'était pas une autre volonté car nous ne percevons pas la forme finale au moment où le mal apparaît, du fait que nous lui donnons nous-mêmes une importance et une réalité propre. Et si nous avions au moment de l'instant de l'événement, la compréhension de toute la conduite divine qui n'est que bien, alors cette perception du mal ne pourrait apparaître à nos yeux.
Il faut donc en priorité retirer de notre esprit cette notion de deux pouvoirs, de deux sources. Car un pouvoir autonome doit se réaliser et puisqu'il ne se réalise pas, elle n'est pas autonome et donc elle n'existe pas. Car pouvoir veut dire impossible à substituer et à faire disparaître. Mais comment comprendre alors que dans la situation intermédiaire, le mal puisse empêcher la volonté divine de se réaliser ? D-ieu veut révéler l'unité et si nous nous déconnectons de l'aspect humain qui nous empêche de nous élever et que nous nous placions dans l'aspect divin de la création, nous percevrions que le but est de dévoiler sa puissance unitaire et c'est cela le bien, la révélation de l'unité. Mais maintenant que nous faisons la différence entre le bien et le mal, car pour qu'il y ait du bien, il faut qu'il y ait du mal, l'unité divine se voile. Tout ceci ne se passe qu'au niveau de l'esprit humain. Mais si nous changeons de niveau de perception et nous disons que le but est le dévoilement de l'unité divine, nous pourrions percevoir que chaque détail de tout événement n'est qu'Unité et pour cela, il faut arrêter de juger si cela est bien ou mauvais.
Cela est, point final. Et c'est ainsi que le véritable bien se dévoilera à nos yeux. Car le bien que nous croyons être bien, n'est bien que parce que nous l'avons choisi en tant que bien par rapport à d'autres choses qui automatiquement deviennent mal. Mais en vérité, Tout n'est que perfection divine, il suffit de changer notre définition du bien. Arrêter de mettre en parallèle le bien et le mal. Car ce n'est que parce que ce bien existe que le mal existe. Donc ce bien que nous recherchons n'est qu'un leurre car sa source n'est que l'illusion de la dualité.
En vérité toute la Kabbalah ne veut pas se baser que sur une acceptation de la foi mais surtout sur un éclaircissement de la foi. Par la Kabbalah, nous pouvons atteindre une connaissance et un éclaircissement des individualités. Et c'est cela l'ordre divin ''tu connaîtras aujourd'hui et tu le ramèneras à ton cœur qu'il n'y a rien d'autre que lui''.  Ce n'est pas seulement une connaissance intellectuelle, superficielle, il faut la faire aller dans le cœur qui est le moteur de la vie.
Comment comprendre cet enseignement ? Comment connaître D-ieu si ce n'est en comprenant sa conduite ? Connaître D-ieu c'est connaître la direction. Tous les événements catastrophiques qui sont difficiles à comprendre et qui font trébucher les mécréants, ne sont pas un moyen d'arriver au bien à fortiori. Mais au contraire ce sont ces événements qui vont prouver et qui vont dévoiler l'unité divine qui est dans tous ces chemins. Il veut nous montrer par ces moyens que l'on appelle le mal à priori, il va révéler son unité.
Comment par le contraire, peut-il prouver son unité ? Car ce qu'il se passe n'est pas contre lui, comme nous l'avons expliqué précédemment, rien ne change même pour un instant de ce bien que prodigue D-ieu. Comment par la voie du mal, l'unité peut-elle se révéler ? Par le fait de percevoir que le mal n'est que subjectif et qu'il n'est que bonté, par cela, il dévoile sa perfection. Grâce au mal, il nous montre qu'il n'y a rien d'autre que lui. Il va créer pour exclure tout le monde de l'erreur, le contraire. Car l'esprit ne peut comprendre que par son contraire car il ne perçoit que par le fait qu'il soit séparé. Pour cela, il crée à priori le mal et par cela, le contraire va apparaître. Ce que nous devons savoir est que ce mal n'a jamais été en aucun cas autonome et il n'est qu'une création de D-ieu, qui n'est qu'une absence, l'espace primordial qui apparaît comme son contraire et qui donne la possibilité aux créatures autres que lui de pouvoir exister. Comment est-il possible à l'homme d'exister ? Et s'il existe, il est D-ieu lui-même, puisque D-ieu est partout.
En fait, il y a ce ''Or'' qui existe par sa force et sa volonté que D-ieu retient, c'est le Tsimtsoum et alors peut apparaître son contraire et par ce contraire, il va apparaître l'unité en montrant que le contraire n'existe pas. Le contraire faisant qu'une conscience autre que D-ieu puisse exister et lorsque nous percevons que ce contraire n'est qu'une illusion, cette conscience elle-même revient à l'unité divine et c'est cela le véritable bien : ressentir le retour à l'unité.
D-ieu donne un pouvoir à la créature pour le lui retirer. D-ieu pouvant créer son contraire car en fait cette perception du contraire n'est qu'illusoire. Elle n'est qu'au niveau de l'esprit de l'homme. L'antithèse va, à la fin, atteindre l'unité, en prouvant que le mal n'a pas de pouvoir réellement mais c'est une chose qui est créée par lui, jusqu'au moment où les créatures perçoivent et conçoivent le contraire et ne peuvent plus concevoir maintenant une antinomie plus grande, illusion totale. Ressentir le mal comme étant vrai n'est qu'une réalité de l'ordre de l'imaginaire. Le premier homme, en donnant une importance au mal, lui a donné une réalité individuelle et autonome. Il avait en lui la force d'annihiler tout le mal des six mille ans. Tous les mécréants existent comme une expression du contraire. Du fait qu'il ait donné une réalité au mal, celui-ci va se concrétiser dans un temps réel puis il va disparaître. Tous les grands mécréants comme Aman, Parho et Hitler sont la réalisation du contraire de sa volonté, mais ils peuvent être absous et intégrés par le travail de l'homme en l'incluant dans l'unité. Dans les cinquante jours d'attente des tables de la loi, le peuple d'Israël pouvait finir toute l'expérience du mal. C'est vrai que D-ieu a créé tous les détails de la possibilité de la pensée humaine, de la volonté humaine. Toutes ces pensées peuvent être inclues dans le bien grâce à la Torah mais aussi être considérées comme des fautes. En d'autres termes, un homme peut réaliser le même acte et le transformer, soit en Mitsva, soit en faute.

Dans la conception divine, il n'y a pas de bien ou de mal, mais pour prouver son unité, il crée l'autre. Car c'est à partir du contraire qu'il va révéler son unité en ce que Aman a fait la volonté divine. Tous les détails de l'histoire de Aman sont en fait la matérialisation de ce que D-ieu veut qu'il fasse pour la perfection du monde. Le mal guidant le mécréant. Le mal étant au grand service de D-ieu. Et lorsque le mal disparaît, se dévoile son unité.
Dans l'optique humaine du salaire et de la punition, le mal est à fortiori. Mais selon l'action divine, D-ieu ne veut pas dévoiler le bien par rapport au mal, car ceci n'est qu'une interprétation, il veut en réalité révéler son unité. Et son unité ne se fait pas par la révélation du bien, mais par la révélation du mal qui se transforme en bien. Le mal en tant qu'absence de la divinité, d'après le Ramh'al, est à priori. Il est voulu pour dévoiler son unité. En réalité, D-ieu n'est pas absent. Il n'est absent que dans notre esprit. La gloire divine est partout mais la faute n'est que dans l'esprit de l'homme, l'absence n'est que dans l'esprit. Ce n'est que et uniquement dans la connaissance que l'éclaircissement va se faire.
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vendredi 25 mars 2016

Les 138 Portes de la Sagesse 1- Rabbi Moché Haïm Luzzatto - Ramhal



Les 138 Portes de la Sagesse du Ramh'al - Porte 1

retranscription d'un cours audio du Rav MordékhaÏ Chriqui Chlita
Ce livre contient tous les principes dévoilés par le Ari Zal (Rabbi Isaac Louria) .
Il y a deux aspects dans ce livre :
1/ la vision de la prophétie, le ''Marhé Anévoua'' c'est-à-dire la métaphore
2/ le Paradigme qui est l'interprétation de la métaphore. 
D'après le Ramh'al, tout ce que le Ari Zal a dit n'est qu'une symbolique. Lorsque nous parlons d'un ''kav'' d'un trait ou d'un rayon qui entre dans le H'allal, dans l'espace primordial, en fait il n'y a ni rayon ni d'espace vide. Ce n'est qu'une image pour cela, il y a lieu de comprendre l'image comme pour l'exemple de la ''barbe sacrée'', ''Dikna Kadicha'', cela ne veut pas dire qu'il y a des poils de barbe ou des cheveux. Et pourtant le Zohar est rempli de ces métaphores ou de ces symboliques que sont les yeux, les oreilles les cheveux... dans ce livre nous allons voir d'une part le premier aspect de la Kabbala que l'on appelle la ''métaphore'', la symbolique et d'autre part l'interprétation de cette symbolique.
Dans une introduction qui s'appelle ''Dérekh Ets H'aÏm'', il est écrit ainsi:'' je te présente les 138 portes de la connaissance et si tu connais ces 138 portes, tu pourras aller dans n'importe quel livre de Kabbalah et comprendre exactement la portée de chaque enseignement''.
Il y a trois niveaux dans la Kabbalah:
Le premier niveau est de comprendre les Séphirot comme les principes-moteurs de la création. Et comme la création est le principe primordial, on explique alors D-ieu à travers cette création.
Le Ramh'al dit que celui qui n'a pas atteint le deuxième niveau qui est que tout ce qui a été créé est pour le bien, D-ieu voulant révéler le bien et la création étant le moyen pour révéler ce bien.
Le troisième niveau est de révéler que tout ce qu'il a créé est pour son unité: ''tout ce qu'il a créé est pour son honneur'' c'est-à-dire révéler son unité.
Pour le Ramh'al, celui qui n'a pas compris le deuxième niveau, il n'a pas compris la Kabbalah. Car définir les Séphirot uniquement comme des moteurs et des forces de la création est très simpliste. La Kabbala n'est pas qu'une théorie de la création. Tout doit être dirigé vers une conduite qui amène à la révélation de l'unité divine. Nous verrons que dans chaque définition, le Ramh'al nous ramènera à la conduite divine. En fait c'est la définition même de la volonté divine. Il donne la possibilité à l'imparfait, à la lacune de se réaliser. D-ieu par la création ne veut révéler que sa volonté et tout le reste n'est qu'une expression de sa volonté. Pour cela, le Ramh'al ne commence pas par l'explication de la création mais par l'explication de sa volonté. Car en comprenant sa volonté, nous pourrons comprendre la création comme une expression de sa volonté.
Il y a la volonté et les volontés.
Il faut distinguer entre la volonté et celui émet la volonté. La volonté est ce qui s'exprime mais il faut distinguer celui qui est le créateur de la volonté. Ici, nous n'allons parler que de la volonté qui est sans fin et sans but et d'après le Ramh'al, il est autorisé d'en parler mais cependant avec une limite jusqu'où nous pouvons nous plonger. Dans la porte quinze, le Ramh'al va dévoiler quelle est la limite de cette volonté.
De quoi parle-t-on dans cet infini? Car s'il n'y a pas de fini, il ne peut y avoir de définition. Il y a cependant une idée du sans-fin que D-ieu veut révéler. Mais puisque nous ne parlons pas de son essence même, nous avons le droit de parler de sa volonté sans fin et sans but et aussi de sa volonté avec but qui est le dévoilement de son unité.
Il y a deux définitions dans l'unité. L'unité dans l'existence et l'unité dans la domination. Deux sortes de connaissance dans l'unité, D-ieu étant le seul qui existe et étant le seul qui domine. La véritable croyance est la croyance dans sa domination mais l'unité dans son existence, le Rambam l'explique ainsi: il y a une existence qui fait exister toutes les existences. Nous pourrions dire qu'après qu'il ait créé les existants, il se peut qu'il y ai plusieurs existences. Le soleil est bien une existence, l'homme a une existence, l'eau a une existence! Mais en fait, la différence est que D-ieu a une existence qui est nécessaire aux autres existences et lui ne dépend d'aucune autre existence. Donc si aux autres existences, elles leur sont enlevées la cause ou une condition et bien elles disparaissent. Mais D-ieu puisqu'il ne dépend de rien, ne peut disparaître. Il est unique dans l'existence. Lorsque l'on dit qu'il est un, cela veut dire que lui est et les autres ne sont que des extensions de son existence qui n'ont rien à voir avec lui. Un homme peut être ici ou pas mais lui ne peut pas ne pas être ici. Tout être créé n’est pas nécessaire. Seul D-ieu est nécessaire.
Le Ramh'al dit que cette croyance n'est pas le principe de la croyance mais le principe de la croyance est qu'il est le seul dans la domination. Dans les quatre premières portes, le Ramh'al va nous expliquer l'unité dans la domination et non pas l'unité dans l'existence.
Il est le seul qui domine. Qu'est-ce que cela veut dire? Un homme a une volonté et il peut la mettre en pratique ou non. Que veut dire exactement ''dominer''?
Pourquoi doit-on comprendre l'unité dans la domination?
À priori, cette unité découle de la première unité de son existence car puisque D-ieu fait tout exister donc seule sa volonté existe et domine réellement!
Malgré cela, cette connaissance est une une connaissance séparée et indépendante. C'est une connaissance dans la foi particulière. Car les incroyants peuvent dire qu'au début D-ieu est seul et par sa seule volonté il a créé des créatures mais puisqu'il les a créés avec le libre-arbitre donc pouvant décider et créer des volontés propres et indépendantes, il leur a été donné la possibilité d'empêcher sa volonté de se réaliser. Cela est faux de dire qu'il veut se laisser faire et que cela serait sa volonté, que c'est sa volonté que d'autres volontés puissent aller contre sa propre volonté puisqu'il est le seul qui décide. Mais cela est impossible car il ne peut y avoir deux volontés qui s'opposent.
Dans la deuxième porte, le Ramh'al va expliquer cette théorie qui dit qu'une autre volonté ne peut être en contradiction avec la première même si à priori, c'est aussi sa volonté de laisser une autre volonté se réaliser. Mais cette théorie que le Ramh'al réfute, est vraie d'un côté car elle amène au mérite et à la punition, aux épreuves. Le roi laissant son fils devant la porte d'une prostituée ayant la possibilité de faire la faute et devenant ainsi un animal ou bien il a la possibilité de s'en écarter et il devient alors un juste. Ce n'est donc pas faux mais ce n'est pas encore complètement juste car c'est la vision de l'arbre de la connaissance. Il y a une autre perception de la vérité qui est la vision de l'arbre de vie. Dans la conduite de ''Z-A'', c'est tout à fait juste mais dans la conduite de ''arikh Anpin'' et de ''Atik'', ce n'est pas juste. Nous ne voulons pas expliquer la volonté finale dans les limites du Tsimtsoum mais nous voulons expliquer ici, la volonté parfaite. Lorsque le Ramh'al parle de l'unité de la domination, il parle au niveau du Kéter, de l'unité parfaite et totale dans sa volonté. Et même si nous nous trouvons après confrontés face à d’autres possibilités dans la conduite, il faut savoir dans quel mode on se trouve.
Le Ramh'al veut expliquer le premier axiome où il n'y a aucune autre volonté que la sienne. Il a créé la possibilité que les hommes peuvent devenir des mécréants et il a aussi créé la Sitra Ah'ara. Et donc à priori l'homme a détérioré sa nature et la volonté de D-ieu ne s'exprime pas. Il veut le temple et il n'est plus, il veut les sacrifices et ils ne sont plus, il veut la terre d'Israël et elle n'est plus!
Tout ceci à priori à cause de nos fautes et donc on l'a affecté! Cela veut-il dire qu'il a changé d'avis? C'est une pensée qui existe mais qui est trop simpliste. Il faut reconnaître que c'est une lecture de la Torah mais celui qui n'a pas la véritable connaissance va s'arrêter à cette volonté intermédiaire comme la nomme le Ramh'al dans ''Adir Bamarom''. C'est-à-dire que nous voyons la moitié du chemin mais D-ieu ne se situe pas au milieu, il est à la fin. Et en vérité celui qui perçoit la conduite de l'unité, voit maintenant aussi la fin comme Rabbi Akiba qui voit la finalité de la destruction du Beth Hamikdach, c'est-à-dire sa reconstruction au moment même où le renard foule de ses pattes, l'endroit détruit du saint des saints et rabbi Akiba se mettant à rire de joie. Pour cela, non seulement il faut avoir une connaissance parfaite de son unité dans l'existence mais aussi une connaissance de son unité dans sa volonté. Et que même ce qui à priori est contraire à sa volonté est en fait sa volonté et son unique volonté que nous percevons comme étant contre sa volonté.
Mais en fait, D-ieu est le metteur en scène de tout ce livre qu'est la création. Il est impossible qu'une volonté puisse annuler sa volonté suprême d'aucune manière. Quelque soit la situation, rien ne peut annuler et aller contre sa volonté. Et tout le temps que nous ressentons que ce qui se passe est ''à priori'' contraire à sa volonté est en fait la conséquence d'un projet très profond qu'il nous est impossible de percevoir si nous nous appuyons uniquement sur le moment présent. Notre volonté personnelle n'étant qu'un vêtement de la volonté divine suprême.
Car en fait qui anime notre soi-disant ''propre-volonté'' si ce n'est la volonté divine qui fait avancer les choses pour amener la création à la réparation universelle.
En vérité, D-ieu n'annule pas le libre-arbitre car il y a une volonté qui permet effectivement au libre-arbitre de s'exprimer qui se trouve au niveau de Z-A, lorsque se produit la ''Nessira'' la séparation. Le Ramh'al met cette notion de ''libre-arbitre'' dans Z-A au niveau de la Nessira. C'est le principe de Rosh Hachana. Mais il y a réellement un libre-arbitre mais qui est très trompeur et qui peut amener l'homme au déni de D-ieu. Mais
D-ieu va ramener l'homme à sa volonté de deux manières soit par la punition ou soit par la Téchuva, par le repentir. Le Ramh'al rajoute aussi par la pureté, la Tsidkout. En vérité, toutes ces manières ne sont que pour faire annuler à l'homme son libre-arbitre de sa propre volonté, soit par les coups soit par une prise de conscience soit par la pureté de ses actions qui de ce fait, annulent automatiquement cette impression d'autonomie. Le Ramh'al dit dans '' la voie des justes'' que les souffrances ne viennent que par le manque de conscience et que si un homme prend conscience du but de son travail et de son comportement, il ne sera pas éprouvé par son corps car celui-ci sera dominé par sa conscience. Les souffrances ne viennent que pour prendre conscience de la vanité du corps. C'est cela le libre-arbitre, le pouvoir de revenir vers lui, la manière comment revenir vers lui. Mettre ou non sa conscience au devant du corps. Mais en fin de compte tout doit revenir à la réparation finale. Nous pourrions dire aussi qu'à la fin c'est sa volonté mais au milieu, il y a des modes différents. C'est cela les partsoufim, les visages. Au milieu apparemment, il y a des modes différents.
Comme nous devons croire à l'unité de son existence, nous devons croire aussi à l'unité de sa volonté qui domine et qui ne dépend de personne. De la même manière que de son unité existentielle, procèdent toutes les autres existences, ainsi de sa volonté unifié, procèdent toutes les autres volontés. De la même manière que sans son existence, il est impossible d'être, ainsi sans sa volonté, il est impossible qu'il y ai une autre volonté. Sans lui, il n'y a pas de volonté propre. Toutes les autres volontés ne sont que des conséquences de cette volonté divine qui procède d'un plan profond. Il ne faut pas croire qu'à partir du moment qu'il a voulu des volontés, qu'il lui a légué le Rouah' et qu'il a donné à l'homme un pouvoir, cela le distingue complètement de lui. Cela est impossible à penser car il est le seul qui domine.

Que signifie ''domination''? Cela veut dire une domination totale et absolue que rien ne peut empêcher. En vérité, un homme a une volonté mais il y a beaucoup de choses qui peuvent l'empêcher de la réaliser. Donc s'il y a une possibilité d'être empêchée, bien que cela soit une volonté, cela n'est pas une volonté absolue. Chez D-ieu, rien ne peut l'empêcher. Et même si apparemment, ce sont des volontés contraires à sa volonté, elles ne sont pas du même genre de volonté. En fait ces volontés sont des désirs humains qui ne sont pas égales à sa volonté. Du fait qu'elles procèdent de sa volonté, nous les appelons des volontés mais en vérité lorsque nous parlons de volontés humaines, ce n'est qu'un langage emprunté. Ces volontés n'ont rien avoir avec ce qu'est la véritable volonté mais elles lui ressemblent de manière superficielle.
Il est vrai qu'il y a une certaine domination de l'homme mais ce n'est pas cela réellement la domination. Il faut comprendre notre croyance non seulement dans son existence mais aussi dans sa domination car les scientifiques eux-mêmes sont arrivés à une connaissance de l'existence de l'unité divine. Mais cela ne suffit pas pour servir D-ieu. Ce n'est que par la proximité dans sa conduite, que nous pouvons le servir, que par rapport à ce qu'il se passe dans l'histoire, donc dans sa gouvernance. L'unité dans sa domination est le véritable infini, elle est dans son existence qui est insaisissable.
Puisque deux dominations ne peuvent exister, donc elles existent mais sans commander car ainsi, cela ne contredit pas le pouvoir de l'existant premier.

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Dans l'existence première, il est acceptable de trouver un créateur et des créatures tout en ne contredisant pas son unité. Mais dans l'unité de la domination, il est impossible de dire cela car si nous disons qu'il y a une volonté complète et totale à par sa volonté suprême, et même si nous disons que ces volontés ne sont pas nécessaires et que la première oui et qui se déduisent de la première volonté, cela contredirait la volonté primordiale et suprême car nous ne pouvons concevoir deux dominations en même temps, car l'une remettrait en cause l'autre. Alors que dans l'unité de l'existence, l'une ne remet pas en cause l'autre à partir du moment que nous acceptons qu'elle est la première et que les autres ne sont que des conséquences de son existence.
Mais dans la domination de l'unité, l'une remet en cause l'autre. Nous pouvons comprendre qu'une existence limitée puisse être englobée dans une existence sans limite. Mais au niveau des volontés on ne peut ainsi accepter qu'une autre volonté puisse exister en dehors de la volonté suprême même si elle en découle. Donc lorsque l'on dit que seule sa volonté domine, on ne peut croire qu''il y ait une autre volonté dominante. Croire en D-ieu sous-entend croire en son existence primordiale et surtout en sa domination suprême dans sa conduite dans le monde. Et c'est ce que D-ieu veut révéler dans l'histoire du monde: montrer un unique dominateur et dirigeant.
À partir du moment que l'on accepte l'idée de l'unique, cette idée ne s'exprime qu'à travers la domination, à savoir que si dans le monde, il y a quelqu'un d'autre qui domine et même pour un court moment comme Aman ou bien Hitler, il faut comprendre que ce n'est pas une domination totale. Et il faut tout ramener à la cause première que tout vient de lui. Il y a deux manières de voir les événements: soit à fortiori soit à priori. Ceux qui ne connaissent pas la Torah de l'unité, ils disent que tous les événements sont à fortiori et que tout ce que fait D-ieu est pour le bien. Plus tard, ce mal arrivera au bien. Mais au départ, le mal existe. Mais cela n'est pas ainsi car en vérité ce mal renie la souveraineté de sa volonté si nous disons qu'il l'a lui-même permis. La volonté des hommes ne peut en autant cas empêcher la volonté divine. Et donc si nous disons que seule sa volonté est réelle et que rien ne peut l'empêcher, donc à chaque instant, c'est sa volonté qui domine et donc son action est à priori. Et même dans l'instant du temps présent, le mal n'a jamais été à l'encontre de sa volonté.
Ici, on n'explique pas l'enveloppe de ces moteurs qui vont engendrer toutes les vicissitudes du monde mais on explique l'âme de ce moteur, l'infini, l'âme de toute la direction.
Toutes les créatures, tous les mondes, toutes les conduites, toutes les différentes directions, tous les événements ne sont qu'une expression de cette unité. Le seul problème est que l'on parle d'un pluralisme, d'une dimension infinie d'attributs de D-ieu mais ils ne vont qu'exprimer qu'une seule expression unique: le règne de
D-ieu. Et tout ce qui a été créé n'est que pour la révélation de son règne. Il n'y a pas de création pour la création elle-même mais pour le but de faire régner D-ieu sur elle. Le Ramh'al explique que tout ce que le Ari Zal a expliqué est l'union dans les six mille ans de la création, rien que les partsoufim du milieu et le Ramh'al va expliquer l'union avant et après les six mille ans. Comment s'unit le début à la fin. Comment la fin est le début et le début la fin.


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les coups de coeur

Maître

de Sagesse

Auteur Un-connu

Si tu te contentes de boire l'eau de mon puits, demain tu mourras de soif, soit parce que j'ai fermé la porte, soit parce que je suis en voyage.

Si tu veux étancher ta soif, creuse ton terrain et tu trouveras la source car elle est en toi.

Creuse ton puits, ainsi tu auras toujours de l’eau partout où tu iras.

Le puits est en toi,

la source est en toi.

Cherche et tu trouveras le trésor qui t’enrichira.

N’oublie jamais que celui qui compte sur la richesse d’autrui est semblable à celui qui fait un beau rêve dans lequel il reçoit beaucoup d’argent, et qui constate au réveil que sa poche est vide. Le bien des autres est pour nous comme la fortune d’un rêve.

Cherche en toi et tu trouveras.


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