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lundi 23 mai 2016

Les 138 portes de la Sagesse 8 et 9 - Rabbi Haim Luzzatto - Ramhal


Les 138 portes de la Sagesse 8 et 9- Rabbi Haim Luzzatto - Ramhal


Porte 8-9 cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita


Porte 8 - rav Mordékhaï Chriqui Chlita

Nous avons expliqué que la vision, l'image qui se révèle à partir de la Séphira n'est pas liée à la séphira car elle est relative au visionnaire et non pas inhérente à la Séphira elle-même. L'image qui se révèle ne provient pas réellement de l'essence de la Séphira mais de ce qui se révèle à partir d'elle. En vérité sa vision est plus une compréhension qu'une véritable vision. Les Séphirot ne sont en vérité que des forces qui émanent de D-ieu et qui sont ordonnées selon un système bien précis parfois de l'ordre de la gradation s'enchaînant l'une de l'autre ou parfois de l'ordre de l'habit, une s'habillant dans l'autre, l'une intégrant l'autre. D'après le Ramh'al, les Séphirot engendrent ou la création (des entités différentes l'une de l'autre), qui se fait par la gradation ou l'histoire, la Merkava qui est la dynamique dans l'histoire et qui provoque des changements. La pluie est toujours présente mais des fois, elle tombe, des fois, elle ne tombe pas. Tout est inclus dans la Merkava, c'est cela l'habit des Séphirot qui provoque les événements. C'est l'interaction des Séphirot qui est la conséquence de l'ordre de l'habit. Mais il y a aussi l'habit dans la création car il faut qu'il y ait une diversité dans les créatures dans leur aspect, dans leur genre.
Ce sont des situations tantôt des cercles, des Igoulim tantôt des rayons, des Kav. Dans les Igoulim, on voit tous les mondes ensembles et si on voit dans la prophétie des droites, c'est le Kav. Mais si nous voyons les deux en même temps, on verra en même temps et au milieu et en bas, la Assya.
C'est l'enseignement du Talmud qui dit que ceux qui se tenaient en bas voyaient la tombe de moshé en haut et ceux qui se tenaient en haut la voyaient en bas. Tous les accidents, tous les événements se trouvent dans la vision. Dans les Séphirot, tout est compris et tout peut se transformer en tout puisqu'elles contiennent tout événement. Il faut savoir que chaque image révèle une émanation et même si elles semblent contradictoires elles viennent d'une même racine.
Quel est ce capteur que nous avons en nous, cette inter-face? Car c'est lui qui révèle l'image, c'est là-bas où l'image se réalise. Il y a un miroir qui est universel c'est la Malkhout et il y a une Malkhout particulière à chaque être qui est sa part dans le Tikoun. Le Marhé, le miroir est la vision que peut recevoir la Néchama. D-ieu a institué une loi, la loi de la Makhout. Toutes les Séphirot ont besoin de la Malkhout pour se révéler. Les prophètes comprennent tout par la vision. Ce miroir est complètement assombrie pour cela, on ne perçoit pas ces lumières venues des Séphirot. L'âme elle-même perçoit tout, nous parlons au niveau de l'intellect. Les transformations sont au niveau du miroir. Mais en tant que telles, les Séphirot contiennent tout. Et tout cela, afin que les âmes puissent recevoir. Le miroir permet la perception. Pour cela le Ramh'al explique que c'est plus une vitre qu'un miroir. Le problème vient de notre intellect qui sépare pour percevoir. La Néchama capte tout selon la réalité des Séphirot. Toute la définition des Séphirot est dans la Malkhout du Eïn Sof. C'est cela qui se réveille. Cette Malkhout va revenir dans tous les mondes, dans chaque étape.


Porte 9 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita


Même si nous avons déjà vu qu'il est possible de voir des images à travers les Séphirot, cependant, il ne s'agit pas d'une image matérielle mais de la perception d'une information qui se transforme en image matérielle. Il s'agit de la perception de l'âme et non d'une perception sensorielle. Il n'y a pas besoin de visualiser une image matérielle, il s'agit d'une réalité, d'une vision qui correspond à l'idée de ce qu'il va voir. S'il s'agit d'un cercle, c'est l'idée du cercle. S'il s'agit d'une droite, il s'agit de l'expression qui est inclue dans la notion de droite. Il voit donc l'idée de ce qu'il va concevoir à travers ses facultés imaginatives. Même la forme spirituelle dont on parle, n'est pas inhérente à la Séphira elle-même mais à la Séphira de la Malkhout. Car seule la Malkhout (lharmonie des chakras) donne la perception de ces forces.
Même si nous percevons ces images des Séphirot, il ne s'agit pas d'images matérielles comme il est écrit '' vous ne verrez pas tout image''. Car même selon la faculté imaginative, il est impossible de concevoir que l’infinie splendeur puisse être perçue dans une forme matérielle et finie. Car même dans la Néchama (ame), il n'y a pas de notion et d'idée matérielle à fortiori dans la splendeur divine. Donc il est impossible de concevoir que l'on puisse voir en haut un lion ou un bœuf ou un homme ou un cercle ou un trait, toutes ces images qui sont rapportées dans la Kabbala ou dans la Merkava. Et ce que dit le verset ''vous n'avez vu aucune image à part la voix''. Il ne s'agit que de la vision de l'âme qui est plutôt une compréhension plus qu'une vision. 
La Néchama ne conçoit pas selon la forme mais selon l'existence elle-même de la chose. Elle conçoit l'idée de l'existence et non la forme. L'intellect dessine en lui cette forme qu'il a vue ou qu'il a pensée. Et celui qui peut voir la Néchama, pourrait voir la forme à l'intérieur de cette âme. On peut supposer que l'intellect dessine la chose selon sa forme matérielle mais cela n'est pas ainsi. Mais il réalise les forces ordonnées selon un système qui exprime cette chose qui va être perçue. Ainsi les Séphirot ne sont que des émanations ordonnées selon un système spirituel que l'on comprend à partir de ces forces qui sont des cercles ou des traits ou une Séphira qui s'enfonce ou qui s'habille ou qui monte ou qui descend... il ne s'agit pas du tout de formes physiques. Mais on comprend, on voit quelque chose et on comprend mais ce que l'on comprend n'est pas ce que l'on voit. Ce que l'on voit engendre ce que l'on comprend. On voit une chose à partir de laquelle on comprend. Comme si l'on voyait des formes matérielles. C'est ce qui s'appelle la vision de l'âme qui n'est pas une vision sensorielle. Car la splendeur divine ne peut être perçue par les sens. Donc, il n'y a besoin de réaliser les choses que par rapport à la Néchama car celle-ci voit l'essence des choses, l'idée. Il ne s'agit pas du statut de la forme. Il ne s'agit donc que de percevoir l'existence même et non sa forme. La faculté imaginative transmet alors la compréhension à l'intellect.

Il faut savoir que la forme spirituelle n'est pas inhérente à la Séphira elle-même. Il y a deux genres de créatures, les matérielles et les spirituelles. La splendeur divine n'a aucun aspect de ces formes mais elle se perçoit à travers elles. Les Séphirot ne se perçoivent pas par leur forme matérielle qui est épaisse mais par leur forme spirituelle qui est plus subtile à l'instar des pensées qui apparaissent dans l'intellect. Mais même cela, on ne peut les comparer aux forces elles-mêmes. Car celui qui désire connaître la nature des Séphirot, cela revient à dire en fait qu'il veut connaître la nature divine puisque les Séphirot ne sont que de l'ordre du divin en tant que lumière bien sûr et non en tant que Kéli. De même que la nature divine ne peut être perçue ainsi la nature des Séphirot ne peut être perçue. Tout ce que nous savons d'elles est seulement ce qui nous est permis de percevoir c'est-à-dire ce qui se révèle d'elles. Mais elles ne sont pas ainsi, ces formes ne correspondent pas à leur nature. Ce qui se révèle d'elles est la forme spirituelle et donc même cette forme spirituelle ne correspond pas à leur nature. Toutes les formes des Séphirot se révèlent à travers une Séphira que l'on appelle la Malkhout. C'est elle qui va révéler les forces selon cette voie. Car les Séphirot ne sont qu'un système de la direction divine et de l'histoire. Mais D-ieu ne veut pas seulement que ces forces fassent la direction, il veut aussi se révéler par ces Séphirot à travers les créatures, que les Séphirot puissent avoir une expression dans la nature elle-même en révélant la conduite selon sa forme. Il y aurait autant de créatures comme autant de parties et de détails qu'il y a dans la direction jusqu'à ce que l'on arrive à la situation où chaque force qui se révèle dans la direction ai une correspondance dans une créature dans ce bas monde. La créature se définissant par sa forme selon ses qualités, ses détails et ses particularités. Cependant, il y a besoin d'un état intermédiaire, d'une Séphira intermédiaire qui va transmettre entre l'idée qui est enfermée dans la Séphira et la forme matérielle qui se révèle. Ce ''décodeur'', ce passage qui permettrait ce transfert d'information entre les lois des Séphirot et de la direction pour se révéler dans les créatures. Qui fera ce passage où l'expression de la force s'exprimera à travers l'organe adéquat tel que l'oreille ou les yeux ou la bouche ou bien à travers un fruit ou l'eau etc...Il est certain qu'il faut une émanation qui aura la particularité de transférer entre les lois de la direction et les lois de la forme. Ce décodage, cette inter-face entre le monde des lois et des formes correspond à la Malkhout. Et c'est le principe du mystère du verset qui évoque que le prophète conçoit l'image de D-ieu alors que le verset nous prévient de ne pas essayer de percevoir d'image de D-ieu! Il s'agit en fait d'une image spirituelle à travers le prisme de la Malkhout car celle-ci est appelée ''l'image de D-ieu'' car c'est cet inter-face qui engendre les images que l'on a rappelées dans les Séphirot. Bien que la Malkhout soit la racine de tous les êtres séparés cependant la forme dans celle-ci reste une forme spirituelle car tout se révèle par gradation. Il n'y a pas de passage direct entre les émanations des Séphirot, les lois de la direction et les lois de la forme. Ce passage se passe par étapes. Et dans cette Malkhout, est gravée cette forme spirituelle et de là-bas, il y a un passage qui s'appelle les palais de la Malkhout, les ''Héikhalot''. Et c'est de là-bas que va se révéler la forme matérielle. Il n'y a pas de possibilité à l'être humain de percevoir ces émanations suprêmes. On ne peut percevoir que ce qui se relie à elles et à nous c'est-à-dire la racine de la forme donc la Malkhout. Il est possible de concevoir toute la divinité uniquement à travers cette Séphira que l'on appelle la Malkhout qui elle, correspond aux images car c'est elle qui va révéler les émanations suprêmes et leurs directions. Et c'est là le mystère du verset '' et c'est seulement avec elle (la Malkhout) que peut se glorifier D-ieu par le prophète'' car la perception divine ne peut se faire qu'à travers la Malkhout.

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Les 138 portes de la Sagesse 7 - Rabbi Haim Luzzatto - Ramhal



Les 138 portes de la Sagesse 7 - Rabbi Haim Luzzatto - Ramhal


Porte 7- cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita

Nous avons expliqué le principe même des Séphirot c'est-à-dire la fonction des Séphirot en tant que forces avec lesquelles D-ieu a créé le monde donc que ce sont les mesures de la création et aussi que ce sont les principes, les mesures de la conduite et de la direction de la providence divine dans le monde. Le principe créant, contrôlant et dirigeant. C'est aussi une mesure du Eïn Sof (LE SANS FIN). C'est-à-dire que si le Eïn Sof ne se révèle pas, les Séphirot elles, se révèlent.
À propos des forces de la conduite et des forces de la création, qu'est-ce qui se révèle des Séphirot? Quelle est la nature même des Séphirot?
On les définie comme des émanations de la divinité. Est-ce la divinité elle-même lorsque nous parlons de la révélation de la divinité? Est-ce qu'elles sont des créatures comme les anges, comme des esprits, comme des Néchamot? Est-ce que ces forces sont des créatures spirituelles? Est-ce qu'elles sont séparées de D-ieu ou bien ne sont-elles pas séparées de lui?
Le Ramh'al est arrivé à la conclusion que le Or est divin dans les Séphirot mais que le Kéli ( le receptacle de la lumière) à savoir l'action ou révélation n'est pas divin. Qu'est-ce qui se révèle réellement? 
Le Ramh'al va aller plus loin que l'expression des Séphirot. Le blanc exprimant la bonté, le H'essed, le rouge la rigueur, la Guévoura, le feu, la Guévoura, l'eau, le H'essed, c'est l'expression du H'essed. Le H'essed engendrant l'eau. La Guévoura va créer le feu, la couleur rouge. Donc il y a un rapport entre les Séphirot et les créatures, la Séphira s'exprimant à travers la créature. Un livre, qui se dit ''Sépher'' d'après le Zohar, représente la Malkhout car le livre contient ''tout'' les éléments. Mais cela n'est que l'expression de la Séphira de Malkhout, la conséquence de la révélation mais en aucun cas la nature de la Séphira. Le taureau dans le char céleste n'est que l'expression de la Séphira mais en aucun cas, la Séphira est un taureau. On ne parle pas de la divinité de la Séphira mais du Kéli, de la révélation de la Séphira. Qu'est-ce que la révélation? Car en tant que Or de Hessed-Guévoura-Tiphéret....de Abba et Ima, c'est le même. C'est la Néchama des Séphirot, c'est divin et la divinité ne change jamais. La Néchama est partout la même dans tout le corps, une seule entité. Mais l'oeil a une fonction, le pied une autre fonction. La Néchama est en fait la vitalité qui se trouve dans tous les membres du corps. C'est le mouvement du membre, l'essence du membre. C'est quelque chose qui est commun à tous les membres. C'est cela le Eïn Sof. Le Ramh'al compare la Néchama au Eïn Sof même s'il va dire que la Néchama est différente car elle est créée. Alors que la lumière de la Séphira n'est pas une créature. La Néchama dans les 613 membres et parties du corps est comme le Eïn Sof dans toutes les dix parties, les dix Partsoufim, les dix Séphirot, le même partout:'' je suis D-ieu, je ne change pas''.
Les Séphirot peuvent se révéler soit par une grande illumination soit par une petite illumination. Ici, nous parlons donc des mesures des Séphirot. Puisque la volonté suprême qui est le Eïn Sof veut révéler ses forces par la voie de l'émanation c'est-à-dire le Or, elle va devoir mettre des mesures dans ces lumières plus ou moins grandes. Et c'est ce que le Zohar et le Ari Zal veulent nous expliquer: l'idée des Séphirot et des Partsoufim. La Séphira peut être considérée comme une faible lumière et le Partsouf est la même illumination mais qui se révèle à travers tous ses aspects. La Séphira étant une illumination et quand elle se révèle par les 613 Orot c'est-à-dire par ses 613 aspects, elle devient alors un Partsouf, un ''visage''. Par exemple quelle différence y a-t-il entre ''H'okhma'' et ''Abba'' ou bien ''Bina'' et ''Ima''? ''Bina'' est une Séphira qui illumine sous un état, sous une dimension par contre la même Séphira, lorsqu'elle illumine de toutes ses possibilités, une lumière devenant dix, elle révèle alors par exemple, Kéter qui est dans H'okhma ou H'okhma qui est dans Kéter. Cette même Bina devient alors dix Séphirot qui deviennent elles-mêmes cent qui deviennent elles-mêmes mille qui en vérité est la perfection. C'est un axiome et 613 seulement ont été choisies parmi les mille. Et c'est cela un Partsouf, c'est une perfection qui n'exprime que 613 aspects. Peut-être que si les mille s'exprimaient, il y aurait déjà l'éternité. Et du fait que ces Partsoufim sont manquant, le corps peut en être affecté.
Même dans le Partsouf lui-même, on peut distinguer un état qui est petit sans Moh'in où il n'a pas ''Ha-Ba-D'', un état où il a ''Ha-Ba-D'', un état où il a un super ''Ha-Ba-D'', où il a des Makifin au-dessus de lui, un état de grandeur. On voit que la Séphira en tant qu'illumination divine se révèle sous plusieurs formes.
Pourquoi y a t-il dix Séphirot? Nous pouvons déjà introduire de ce fait la notion de petit et de grand. Kéter est le plus proche puis plus bas H'okhma donc plus petit. La notion de petit et grand s'attache aux Séphirot car à partir du moment où la volonté divine veut révéler quelque chose de simple, une illumination simple sans agrégats, non-composée, Or Pachout, il faut passer par la gradation, du plus petit au plus grand afin de donner cette différenciation entre les Séphirot elles-mêmes, les Séphirot et les Partsoufim et entre les Partsoufim eux-mêmes. Donc la notion d'évolution et de gradation, de croissance et de décroissance fait la différence.
Pour l'instant, nous voulons expliquer que la notion de révélation est liée dans une première étape à une échelle de valeur.
Deuxième idée qui se dégage de la notion de révélation: la forme et l'interprétation. Il y a beaucoup de formes qui sont révélées dans les Séphirot tels que la barbe, les couleurs, les animaux, tous ces exemples sont reliés aux Séphirot et qui sont pourtant matérielles. On ne peut pas dire que ces formes soient la réalité dans les Séphirot car cela serait de l'ordre du déni car le verset nous prévient qu'il n'y a aucune image, aucune forme à la divinité. Alors qu'est-ce que cette image qui est rapportée? Quelle est cette symbolique? Est-ce juste un anthropomorphisme pour comprendre ou bien y a-t-il un réel rapport entre ce qui se révèle et la Séphira?
C'est cela le but de la prophétie, c'est la possibilité de comprendre la nature de la Séphira qui se définie par la révélation. Celui qui ne comprend pas la Torah de la prophétie ne peut comprendre les Séphirot.
Tout d'abord le Ramh'al commence à écarter ce que l'on ne doit pas comprendre. ‘‘Les Séphirot ne peuvent être ainsi''. Même si nous avons déjà dit qu'ils sont les principes de la pensée suprême qui se révèlent au prophète c'est-à-dire les mesures de la pensée, mais où est cette pensée? Comment s'exprime-t-elle? De la même manière que l'on peut prêter une forme aux pensées dans l'âme humaine bien qu'elles soient elles aussi de l'ordre du créé, ainsi les Séphirot qui sont les forces de la pensée suprême se révèlent sous forme de gradation. Et donc chaque Séphira est un principe de la pensée. Prenons comme exemple la construction d'une maison: il faut un plan initial. Ainsi en est-il de la création. Et ce plan s'appelle les dix Séphirot et tout le reste n'est que des définitions et des sous-définitions, des expressions et des sous-expressions de ces dix Séphirot. C'est de la volonté de D-ieu que la création s'élabore ainsi. Il est vrai que dans la pensée humaine, on va parler de suite de prophétie car lorsqu'un homme rêve, les formes qui se révèlent à lui sont-elles réelles? Qui a créé dans son intellect, la compréhension des formes? C'est l'imagination, la faculté imaginative. Chez D-ieu, cette faculté n'existe pas afin de faire des différenciations dans les formes. Quant à nous, l'intellect et la faculté imaginative nous permettent de percevoir afin de comprendre. La compréhension ne peut venir qu'après une perception. Dans la réalité de la vie, cela passe par les sens mais dans les rêves, cela passe par l'imaginaire qui va créer la forme pour permettre de comprendre la Séphira. Les Séphirot sont les forces de D-ieu qui n'ont aucune forme et en aucun cas, on ne peut leur prêter une forme car D-ieu se distingue de tout événement, de tout accident qui se rapporte à la nature de tout élément. Et pourtant dans la Kabbalah, on parle de ''Katnout'' ''étroitesse'' et de ''Gadlout'' de ''grandeur'', d'élévation et de descente, de formes et de principes qui sont dans une forme matérielle. Que représentent tous ces éléments? Tout ce que nous définissons maintenant et que rapportent les Mékoubalim, on ne peut dire que cela est ainsi dans les Séphirot. Et si nous disons que tout ceci n’est que de l'ordre de la symbolique, alors cela ne se référerait qu'à un principe dans la direction divine. Mais même cela, il est impossible de le dire. Le Ari nous a donné des Partsoufim, des visages comme une réalité à part. La Chékhina a son cerveau. Abba a son cerveau (Moh'in) qui est différent du cerveau de Ima. Il a ses réparations, il a ses pieds, ses mains, ses actions, ses mouvements. On dirait que nous avons à faire à une autonomie d'un Partsouf à l'autre. C'est plus qu'une émanation, le Ari Zal est allé très loin. Les autres Mékoubalim se sont éloignés de tout cet anthropomorphisme. Avec toutes ces images que le Ari a révélées, un homme peut arriver à l'idolâtrie. En vérité toutes ses images ne sont que des expressions de sa nature mais de la Séphira elle-même, nous ne connaissons rien. Il n'y a rien de tout cela dans les Séphirot. Ce n'est qu'une correspondance afin de retenir une idée. Les Séphirot seraient donc des paraboles et la conduite générée par elles, l'histoire, la créature seraient l'idée que l'on peut percevoir de cette parabole que sont les Séphirot. Mais même cette comparaison est fausse. Les Séphirot ne sont pas que des paraboles uniquement car sinon toutes les explications du Ari Zal ne seraient que néant sans contenu car cela voudrait dire qu'il a comparé l'infini avec quelque chose de fini et cela est impossible. Il y a une réalité dans les Séphirot de toutes ces créations que sont les couleurs ou les animaux. Ici, il faut faire l'analyse de la vérité car les Séphirot sont les clés de la Kabbala. Mais si ce n'est que de la symbolique, le Ramh'al peut se percevoir effectivement comme une philosophie de l'histoire. Lorsque nous disons que le livre c'est la Malkhout, est-ce que le livre a un rapport avec Malkhout? Ou bien le lion est le Partsouf de Abba, est-ce que le lion a un rapport avec Abba? Est-ce la nature de la Séphira ou bien n'est-ce seulement qu'une parabole? Est-ce une force qui engendre dans ce monde une créature qui s'appelle le lion car nous ne pouvons dire que c'est uniquement une parabole?
Les Séphirot sont les principes de la pensée divine qui ont une action dans ce monde, elles agissent et s'expriment à travers une action dynamique en tant qu'instrument, Kéli. Elles ont toutes un but ultime qui est l'unité divine, de tout ramener à la perfection. Dans ces principes, ces forces, ces Séphirot, il y a tout
L’A-D-N du temps. Prenons l'exemple de la Séphira du H'essed, de la bonté, dans son potentiel, toutes ses voies vont s'exprimer dans les actions, dans l'histoire, dans tous les mondes, de Atsilout jusqu'à la fin de Assya. Des fois, le H'essed va dominer, parfois il ne va pas dominer, dominer peu ou beaucoup, s'habiller dans la Guévoura, dans la rigueur. Le Ramh'al donne ici une allusion au fait qu'il y a des relations entre chaque Séphira et Séphira. Elle peut intégrer une Séphira, dominer au sein d'une autre Séphira, ou bien s'insérer sans dominer et alors la Guévoura va dominer. Il y a ainsi une combinaison infinie de possibilités du Hessed mais toutes sont enfermées dans le principe même du H'essed et selon toutes les voies d'expression qui sont préparées d'agir sous une forme révélée ou cachée. Et ainsi en est-il pour la Guévoura et toutes les autres Séphirot. Parfois, il faut agir pour donner une récompense, parfois une punition où pour donner l'existence au monde et parfois c'est une action au niveau de l'éternité.
Le salaire et la punition sont au niveau de Z-A, les six Séphirot inférieures. L'existence du monde c'est Arikh Anpin, H'okhma-Bina-Daat, le salaire éternel c'est A-K, Adam Kadmon. En fait le Ramh'al parle des grandes dimensions dans les Partsoufim. Il y a donc ''A-K'', ''Arikh'' et ''Z-A'', l'éternité, l'existence et la rétribution. Ce sont les trois grands Partsoufim. A-K c'est pour donner l'éternité. Arikh c'est pour donner le bien même quand il ne le mérite pas, donc c'est la longévité dans l'existence et Z-a pour donner la rétribution aux actions de ce monde.
La pensée suprême a déjà évalué tout ce qui va se passer dans toutes les créatures jusqu'à la fin du cycle. Et donc toutes les Séphirot ne sont qu'une synthèse, une association de ces trois forces ou de ces trois dimensions que l'on appelle ''H'essed-Din-Rah'amim''. H'essed sous-entend ''H'okhma-Hessed-Netsah''', Din sous-entend ''Bina-Guévoura-Hod'' et Rah'amim sous-entend '' Daat-Tiphéret-Yessod''. Toutes les Séphirot sont la Merkava, le char céleste, la conduite divine dans le monde. La pensée divine est la Merkava qui est la matérialisation de l'union de ces trois principes, trois qui deviennent neuf. Comment chacune de ces neuf principes se relie avec les autres. Toute la pensée réunie tous les événements qui ne sont qu'une association de trois possibilités, des trois dimensions de ''H'eder'' ''H'essed-Din-Rah'amim''.
Les maîtres de la prophétie sont appelés ''Yordé Merkava'',''ceux qui descendent dans le char céleste'', ceux qui descendent dans la pensée divine. Ils voient la dynamique des principes au moment présent et donc ils voient les conséquences de leurs associations. En fait cela est ''anticiper l'histoire'' car la Merkava est le plan divin de ce qui va se passer dans les créatures. Le plan étant l'association de tous ces principes, comment se relient les forces de la pensée divine. Il y a tout un mode de lois et c'est ce que le Ari Zal explique: le mode de relation entre les principes entre eux. Et c'est cet enchevêtrement qui va engendrer les créatures et l'histoire.
Voici un exemple concret: Israël se trouve en exil en Égypte et lorsqu'il est sorti d'Égypte, le Zohar dit que cela a été la naissance de Z-A qui est sorti de Ima. Donc Ima c'est l'Égypte. Et donc Z-A lorsqu'il est dans Ima est en Katnout, dans l'étroitesse comme un fœtus dans le ventre de sa mère. Le prophète voit que Z-A va sortir du ventre de Ima, (ce n'est qu'un symbole) comment cette prophétie va s'interpréter? Par la sortie du peuple d'Israël de l'Égypte en sachant que l'Égypte correspond au partsouf de Ima et Israël au Partsouf de Z-A.
Le prophète Yermiya voit un feu qui brûle sous une marmite et sort une fumée de la marmite. Alors le prophète interprète cette vision ainsi: ''du nord sortira le malheur'' la guerre. C'est-à-dire qu'il faut comprendre la correspondance. Il y a l'image et son explication. Les Séphirot ne s'expriment à ce moment précis que pour cette histoire. Ce que nous percevons de la volonté divine n'est que ce que D-ieu va vouloir révéler au moment précis. Les Séphirot elles-mêmes enferment le programme. Et de la manière dont elles sont attachées l'une avec l'autre, va créer l'événement. L'association des dix Séphirot offre d’innombrables possibilités de combinaisons. Tous les événements de toutes les créatures sont la somme de toutes les associations des Séphirot qui vont se révéler et c'est cela la pensée suprême. Le Ramh'al nous révèle que les Séphirot sont tous les événements de toutes les créatures.
Cet enchevêtrement, cette synthèse des Séphirot, cette relation entre les Séphirot est la toile que voient les prophètes. Cependant on ne peut les percevoir telle qu'elles sont en tant qu'éléments séparés. Mais la volonté divine veut quand même qu'elles soient perçues. Mais puisque en tant que telles, elles ne peuvent être perçues, elles doivent se révéler d'une manière prophétique, par le chemin des Orot qui s'appelle l'imaginaire prophétique. Ce sont des illuminations ou des étincelles, des projections qui sont saisies par l'imaginaire prophétique. Le prophète voit tout ce que le Ari Zal a décrit. Il voit les cheveux, il voit les yeux...mais ce n'est pas la vision matérielle de la Séphira, c'est la vision prophétique qui ne passe pas par les sens. Il faut donc comprendre ce qu'est cette barbe les cheveux, les oreilles...monter descendre. Ce ne sont que des notions matérielles, comment dans la vision prophétique cela peut-il se révéler? Il y a dans l'imaginaire prophétique toutes ces notions. Dans leur essence divine, ce n'est pas ainsi mais dans la vision prophétique, cela est ainsi comme il est dit ''à travers la main du prophète, je veux me révéler''. À travers une plate-forme, comme une sorte d'écran, D-ieu nous révèle les choses qu'il veut nous révéler. Quelle différence y a-t-il avec la symbolique? La différence est que c'est une réalité. La révélation du prophète est la connaissance de D-ieu. Personne n'a de connaissance de sa nature. Mais il y a sa volonté, l'histoire est la matérialisation de sa volonté et c'est cela qu'il révèle au prophète. En vérité, chacun est capable de révéler la Torah car elle est en lui. Mais puisque le mal nous a complètement envahis par les envies, nous ne sommes plus capables de révéler la Torah et donc il nous faut la Torah de Moshé Rabbénou.
Le Ramh'al explique pourquoi la Torah n'a pas été donnée avant. Car ils n'avaient pas besoin de la Torah. Par la faute de la génération de Noah', il a été donné sept Mitsvot afin de réparer la faute. Ces sept Mitsvot étant toute la Torah. Mais maintenant, il y a besoin des 613 Mitsvot pour réparer le monde. De même que maintenant, nous n'avons plus besoin de faire les sacrifices. Car ce qui n'est pas révélé, n'est pas utile pour la réparation. Une femme n'a pas besoin des Téphilin pour faire son Tikoun, un Israël n'a pas besoin des Mitsvot des Cohanim pour faire son Tikoun.
D-ieu dissimule l'idée de sa pensée mystérieuse dans ces métaphores. Mais en vérité, le prophète voit vraiment cette forme dans son esprit. C'est une image qui est une réalité pour lui. Ce n'est pas une vision matérielle issue de ses sens. Le prophète voit des sujets spirituels qui s'habillent l'un dans l'autre, intégrés l'un dans l'autre, montée descente, comme tous les exemples du Ari Zal. C'est une autre vision que la vision des sens, c'est la réalité du prophète.
Les explications du Ari Zal et de la Kabbala ne sont pas de la symbolique car toutes ces formes existent dans la prophétie. Il voit et il comprend ce qu'il a vu. Il comprend que la vision veut lui révéler un lion mais il n'a pas vu de lion. La vision prophétique est plus une compréhension qu'une vision, c'est une amorce qui déclenche une compréhension.
Le Ramh'al compare les éléments de la Merkava aux Séphirot et aux Partsoufim. Dès que la volonté divine rentre dans la Merkava, dans ce plan, alors elle peut être révélée. Mais dans l'essence de ces visions, il n'y a aucune forme, les Séphirot n'enferment aucune forme, aucune image. Mais elles se révèlent dans un plan qui est une image. Ce n'est pas uniquement une métaphore mais la vision est réellement ainsi dans la perception prophétique car cela est ainsi qu'il voit dans la Merkava.
Tout le sujet des Séphirot, s'il n'est pas compris convenablement, ne peut être appréhendé correctement et cela est plus proche alors de l'idolâtrie que de la véritable connaissance. Il faut comprendre la correspondance de l'image, de la métaphore. C'est cela toute la notion de la prophétie. Mais en tant que telles, les Séphirot ne sont qu'une association, un jumelage des forces entre elles, un mode de relation. Il n'y a que trois niveaux des Séphirot ''H'éder'' 1/ H'essed 2/ Din 3/ Rah'amim. Et tout le reste ne sont que des détails de ces trois expressions et surtout de leurs relations: H'okhma avec H'essed, Din avec Bina. Mais le tout ne correspond qu'aux trois axes que sont ''H'essed-Din-Rah'amim''. Les trois axes: droite ''H'okhma-H'essed-Netsah'' gauche ''Bina-Guévoura-Hod'' et centrale ''Daat-Tiphéret-Yessod''.
Le mode de relations et d'enchevêtrements entre les Séphirot a été codifié. On a donné des noms à ces relations et à ces enchevêtrements: le lion, le taureau, le bœuf, l'aigle.... Abba c'est le lion, Ima, Z-A, Noukva ce sont les points essentiels du char céleste et le reste sont leurs relations entre elles. Il ne s'agit en vérité que d'émanations divines qui s'unissent entre elles. Ce sont des sujets qui sont complètement spirituels, abstraits, éloignés de toute idée matérielle. Cependant ces émanations se rapprochent se rapportent et engendrent les choses matérielles.
Mais en aucun cas, la barbe, les cheveux, les yeux définissent ces énergies car cela serait de l'idolâtrie pure. Tout ce que l'on parle est au niveau des visions prophétiques. À partir du moment où les Séphirot sont données à être perçues donc il y a possibilité à la perception prophétique par leurs révélations sous plusieurs formes. Ce n'est pas l'image qui engendre la vision prophétique mais c'est parce qu'il y a la possibilité aux Séphirot d'être perçues que la prophétie donne accès aux différentes images. Ces Séphirot peuvent se révéler de plusieurs manières. Et ce que le Ari Zal et le Zohar parlent au sujet des mondes Atsilout-Bryia-Yétsira-Assya et des Partsoufim et tous leurs détails, sont tous des images prophétiques. Cela correspond effectivement à quelque chose de concret dans ce monde mais dans l'autre monde, elles ne correspondent pas à quelque chose de concret car ce n'est qu'une vision prophétique qui n'est que l'image de ce qu'il y a dans ce monde mais dans l'autre monde, c'est autre chose. En elles-mêmes, les Séphirot n'ont aucune forme ni aucune image. Et c'est clair que cette perception prophétique n'est que le moyen donné à celles-ci de se réveiller. Mais ces visions ne sont pas seulement des métaphores, des modes de direction qui sont appelés Abba, Ima...car sinon, on ne comprendrait pas pourquoi le Ari Zal donne tant de métaphores pour dire très peu. Mais ces images correspondent aussi à une réalité et si nous disons qu'il n'y a absolument rien à voir avec la réalité suprême, alors toutes ces images ne sont d'aucune façon reliée à celle-ci. Il faut donc dire que c'est une métaphore qui correspond à une conduite réellement mais c'est aussi une réalité mais pas au niveau matériel. Car la manière dont les Partsoufim sont décrits est réellement la vision que les prophètes perçoivent dans la Merkava. Et ceux qui contemplent ces visions, voient que l'image qu'ils retiennent, n'est que fortuite, accidentelle. Elle est relative au prophète et ne se relie en aucun cas à la réalité suprême. Ce n'est que celui qui perçoit pas sa puissance imaginative, qui provoque une réalité subjective propre à lui comme dans le rêve où le rêveur voit une table ou tout autre objet qui ne sont en aucun cas réels mais qui pour lui, cela provient de son imaginaire et que personne d'autre ne peut percevoir. Ce n'est qu'une décharge énergétique qui a révélé en lui quelque chose issue de sa conscience. La table s'est réellement révélée au rêveur mais concrètement, elle n'existe pas. Cette image vient de son plus profond intérieur, des Séphirot et qui par elle, le message peut être perçu. C'est cela l'image prophétique. C'est une image accidentelle qui provient des Séphirot mais qui ne correspond pas à l'essence de celles-ci. Dans le monde de la matière, l'image fait UN avec l'objet lui-même. Exemple: un lingot d'or est relié à une forme rectangulaire de couleur jaune. L'esprit par la puissance imaginative va former les contours même de l'objet qui entre au contact de sa perception qui ne sont pas l'objet lui-même mais qui proviennent de lui, (la couleur bleue ne va jamais apparaître dans l'esprit lorsque celui-ci va évoquer un lingot d'or). Dans la Séphira, l'image qu'elle va déclencher dans l'esprit n'est pas attachée à elle. Elle n'est pas inhérente à elle. Alors que dans le monde matériel, l'image est inhérente à l'objet. Celui qui ne comprend pas que dans les Séphirot, la forme, l'image n'est pas inhérente à elle, est dans l'idolâtrie pure. La forme n'est liée que par accident à la Séphira selon le visionnaire. Lorsqu'une image apparaît de manière prophétique, elle n'est pas induite par la Séphira elle-même mais c'est la perception qui va se révéler dans l'esprit prophétique.
Lorsque le prophète perçoit la vision, il comprend de suite le message. Celui-ci venant en même temps que l'image et il sait aussi que cette image n'est que fortuite et relative uniquement à lui.
Lorsque D-ieu est apparu aux hébreux à la mer en tant que guerrier, cela est l'image de la révélation mais ce n'est pas la Séphira elle-même, ce n'est que la représentation de la conduite de Z-A qui se révèle à eux. De même lorsque D-ieu se révèle aux hébreux au mont Sinaï en tant que vieillard, cela correspond à la conduite de Arikh' la conduite de la clémence. Mais D-ieu n'a aucune image! Tous ces changements, toutes ces interférences d'images ne pourraient se révéler si cela était inhérent à la Séphira, l'image ne pourrait changer. Par contre, du fait que l'image n'est qu'accidentelle, alors ces interférences sont compréhensibles. Car l'image est liée à la volonté et non à l'essence. L'image se matérialise à travers le prophète qui lui est une inter-face, cette vitre claire qui permet de former l'image venant de la Séphira que le prophète perçoit. Cette vitre que seul Moshé avait purifiée est la Malkhout que chaque âme a en elle. Même le mécréant a cette inter-face qui donne sur le ''méta-temps''. L'image est dans la perception et non dans la Séphira. Et dans sa perception, l'image se réalise. C'est cela la Malkhout. Dans chaque prophète, il y a la Malkhout qui est un état dans la Néchama. À travers la Malkhout, le prophète voit. La Malkhout étant l'écran qui permet à l'image de se former. Dans chaque Séphira, il y a une Malkhout qui est son écran. Il y a quelque chose derrière cet écran que l'on attribue en fait à l'écran lui-même. Notre œil a aussi une Malkhout et c'est la même vitre pour tous les humains, tout le monde voit la même table car en vérité cette vitre est matérielle donc la vision est la même pour tous. De même la Néchama a un œil qui engendre la vision prophétique, c'est la Malkhout que le prophète a purifiée. C'est grâce à la pupille de l'œil que je peux percevoir et saisir l'objet mais en vérité je ne sais pas ce qu'est cet objet. À la résurrection des morts, ce même verre sera perçu autrement car notre œil percevra autrement. Notre perception de maintenant ne correspond pas à la réalité. La réalité est complètement différente et donc note perception de la vie n'est pas loin d'être illusoire. Mais c'est une illusion qui est inéluctable par laquelle nous devons travailler car toute notre vie n'est axée que dans cette illusion et donc elle en devient notre réalité. Seul celui qui n'est plus dans ce niveau de perception peut dire qu'elle est illusoire. Seul celui qui a l'expérience prophétique ressent ce monde comme illusoire.
Par l'œil prophétique, le prophète voit les Séphirot, les principes des choses. Il y a une barbe dans la vision c'est-à-dire le principe de la barbe. L'œil voit la barbe et la Néchama voit le principe. Car les Séphirot en tant que telles ne sont qu'une expansion d'énergies, de forces, ce sont des révélations d'une force. Il y a tellement de formes, tellement d'événements qui viennent de différents modes. Chaque mode correspond à un événement, à un objet, à une nature. Toute la pluralité du monde correspond à une myriade d'enchevêtrement des forces en présence. Ces forces limitées expriment des lois. Le Ari Zal a dévoilé tous les ordres de ces forces. Elles ne sont qu'une relation et un enchaînement.
Les Séphirot se présentent de deux manières, soit par enchaînement, (comment l'un sort de l'autre) soit par voilement (comment l'une s'habille avec l'autre). Abba et Ima s'unissent et sortent Z-A. Les sept Séphirot de Atik deviennent la tête de Arikh, ce sont des enchaînements. Arikh, ses bras s'habillent, le bras droit par Abba et le bras gauche par Ima. Et celui qui perçoit l'enchaînement ou l'habit de ces principes comprend de suite et les applique dans le monde de la matière.
Dans notre monde, l'enchaînement peut se percevoir par la famille avec le grand-père, Arikh', le père, Aba, la mère, Ima et il y a Z-A et Noukva, le mari et la femme. La famille étant un mode social. Les sociétés sont aussi composées de cette manière. Il y a des correspondances à des principes qui sont en haut qui sont entrelacés de la même manière. Mais le mode que l'on appelle ''famille'' est en haut un accident qui donc est susceptible d'être inversé. Tous ces modes qu'ils soient métaphysiques, physiques où même sociaux, ne sont que des accidents qui sont relatifs et qui sont sujet aux changements. Mêmes les objets de culte sont des formes qui correspondent à des enchevêtrements et des habits de toutes les Séphirot. Parfois Aba domine Ima ou parfois Aba domine Z-A. Chaque Séphira dépendant l'une de l'autre. Il y a une séphira sous forme d'habit et il y a une Séphira qui est habillée par elle.
Tout cela procède d'une seule volonté: la perfection. La mesure du Tsimtsoum. Il y a un but final à tout cela. Chaque créature, chaque événement est une possibilité soit d'enchaînement soit d'habit qui est la conduite dans l'histoire. Le Ari Zal a donné le principe de l'enchaînement, c'est l'arbre de vie.
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Si tu veux étancher ta soif, creuse ton terrain et tu trouveras la source car elle est en toi.

Creuse ton puits, ainsi tu auras toujours de l’eau partout où tu iras.

Le puits est en toi,

la source est en toi.

Cherche et tu trouveras le trésor qui t’enrichira.

N’oublie jamais que celui qui compte sur la richesse d’autrui est semblable à celui qui fait un beau rêve dans lequel il reçoit beaucoup d’argent, et qui constate au réveil que sa poche est vide. Le bien des autres est pour nous comme la fortune d’un rêve.

Cherche en toi et tu trouveras.


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